LES GERMES DE SATAN [Par Serigne Saliou Mbacké]

LES GERMES DE SATAN [Par Serigne Saliou Mbacké]
Cet important discours a été prononcé, durant les années 90, par le cinquième Khalife des mourides, Serigne Saliou Mbacké, à l’occasion d’incidents suscités par la diffusion d’enregistrements audio insultants et d’articles diffamatoires sur la sainte personne de Cheikh A. Bamba.
Ayant été informé des velléités de représailles que certains disciples mourides, profondément choqués par la teneur délibérément injurieuse et provocante des propos et récits attribués à Serigne Touba, le Khalife rappela tout le monde à l’ordre. En insistant particulièrement sur la nécessité pour tous de ne pas céder aux pièges de la division et de la discorde dont Satan s’évertue, en tout temps, de semer les graines sur le champ de l’Islam, pour affaiblir et asservir les croyants.
Pas de plus excellent rappel, à notre avis, en cette époque où les possibilités médiatiques décuplées, le vent des réseaux sociaux, attisent plus que jamais les flammes de la haine et de l’inimitié entre frères musulmans, pourtant soumis à la même destinée et aux mêmes dogmes. Ceci, étrangement, sur la base des mêmes calomnies, datant pourtant de 1979, propagées aujourd'hui à dessein sur le web, comme pour mettre en mal les différentes confréries du Sénégal dont les récents rapprochements fraternels ne semblent pas agréer certains. Puisse l’Appel de Cheikh Saliou être entendu et revisité, surtout en cette veille de Gamou marquant la Naissance de notre Modèle Commun (PSL), la Meilleure créature envoyée en Miséricorde aux créatures et dont l’ambition la plus élevée consistait, souvenons-nous en, à unir toute sa Ummah sous la bannière de l’Adoration exclusive de Dieu et de la Fraternité universelle…
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SERMON DE CHEIKH SALIOU MBACKE
«Dieu est le Plus Grand. Dieu est le Plus Grand. Au nom de Dieu.
J’invoque la Protection de Dieu contre Satan, le lapidé. Je la mets sous Ta Protection, ainsi que sa progéniture contre la Séduction de Satan le Lapidé. (Coran 2:36) Seigneur ! Je me mets sous ta Protection contre les tentations des démons. Ô Seigneur ! Je me mets sous Ta Protection afin qu'ils ne soient jamais présents en moi. (Coran 23:98) »
« Certes, [ô Satan] tu n’as aucun pouvoir sur Mes serviteurs. »(Coran)
« Fais de ton Seigneur ton Garant et Protecteur. »
Au Nom de Dieu, le Clément et Miséricordieux. Que la Paix et le Salut de Dieu Très-Haut soient accordés à notre Maître Muhammad, à sa Famille et à ses Compagnons.
Que la Paix, la Miséricorde et les Bénédictions de Dieu Très-Haut soient sur vous.
Je présente mes salutations et mes hommages à tous mes frères musulmans. L’objet de cette présente adresse est de transmettre mes recommandations à mes condisciples mourides et de leur clarifier ma position [sur une question d’actualité], espérant qu’ils consentiront à s’y associer avec moi.
En effet, j’ai été récemment informé de l’existence d’enregistrements audio et d’articles diffamatoires portant sur Cheikh A. Bamba. Raison pour laquelle je souhaiterais expliciter, pour tous mes condisciples mourides [dont ces propos ont suscité la colère], ma véritable attitude face à ce genre de situations. Celle-ci consiste à ne pas jamais écouter de tels propos ni à les propager. Aussi voudrais-je que vous tous me suiviez dans cette posture ; à savoir, refuser de les écouter ou de les lire, puis de ne pas les diffuser vers d’autres personnes. Je tiens vraiment à ce que tous s’en tiennent à cette attitude (…)
Par ailleurs, une caractéristique de ces contenus diffamatoire me semble mériter d’être relevée. Il a, en effet, été rapporté que ces propos remonteraient, pour certains, à plus d’une décennie et, pour d’autres, à plus de sept ans. Ces propos ayant été jusqu’ici largement ignorés par la plupart d’entre nous. Le fait [assez étrange] qu’ils soient soudainement diffusés et mis en même temps à la disposition du grand public - tout ceci en moins d’un mois - est assurément un signe que tout ceci relève d’une machination de Satan dont l’auteur de cette diffusion est un suppôt notoire. C’est pourquoi je souhaiterais que vous vous aligniez strictement à ma position et à ne pas y déroger. Car quiconque commet l’erreur de cultiver une graine semée par Satan, puis d’entretenir la plante que celle-ci a germée, n’y récoltera que des fruits néfastes, pernicieux et dénués de tout avantage.
Souvenez-vous que Satan a ourdi toutes sortes de machinations contre Serigne Touba lui-même, sans jamais y réussir. Il a également tenté de manœuvrer contre lui, à travers ses disciples, sans jamais y parvenir (…) Satan ne baissa nullement la garde dans son combat contre le Cheikh, que ce soit durant son séjour au Djolof ou à Diourbel. Sans jamais arriver à ses fins. Nul n’assista Serigne Touba dans ce combat [à part son Seigneur] et il n’invoqua personne [si ce n’est Dieu] pour l’y aider. Il mena ce combat tout seul [et en dehors de toute sollicitation d’intervention belliqueuse de ses partisans].
Ainsi, lorsque le Cheikh fut envoyé en exil, il n’eut personne pour l’aider dans cette épreuve. Il en revint également sans être accompagné par qui que ce soit. Cela ne l’empêcha pourtant pas d’accomplir tout seul, durant ces longues années d’exil, tout ce qu’il devait y accomplir. Cela ne l’empêcha pas non plus d’y obtenir, tout seul, des faveurs à profusion. Si, après tout ceci, l’ambition de ses disciples d’aujourd’hui s’oriente vers les querelles et les batailles [physiques] en son nom, [qu’ils sachent que cela ne correspond nullement à sa propre démarche et à ses enseignements]. C’est pourquoi je souhaiterais que vos objectifs ne s’orientent point vers cette voie [sans issue]…
S’il faut absolument dépenser de l’énergie dans un « combat » au nom de Serigne Touba, dépensons-la dans la lecture de ses qasidas et dans la récitation du Coran. Consacrons cette volonté belliqueuse dans la « bataille » de l’observance de ses recommandations et celle de l’abstention envers ses interdits. Quant au Cheikh, il sait parfaitement se prendre lui-même en charge. La preuve en est que, jusqu’à nos jours, sans l’aide de personne [à part son Seigneur], nul n’a encore réussi à altérer son héritage. Si donc vous, ses disciples, attendez aujourd’hui pour suivre certaines conceptions rationnelles erronées et pour vous engager dans des disputes et querelles stériles, sachez que ce ne sera nullement avec mon consentement. (…)
Souvenez-vous que les propos calomnieux et offensants [envers le Mouridisme] ont toujours existé [ceci, depuis sa fondation même]. Mais s’il était avéré que les réactions violentes envers les auteurs de ces attaques étaient utiles [et étaient agréées par le Cheikh], nul doute que l’on aurait vu s’y engager hardiment ses illustres disciples que sont Cheikh Ibrahima Fall, Cheikh Ibra Sarr Ndiagne, Cheikh Massamba Diop Sahm, et tous leurs autres valeureux compagnons. Pourtant, du temps de Serigne Touba, nul d’entre ces vaillants épigones ne s’est jamais aventuré dans cette voie [des représailles]. Se contentant de laisser le Cheikh lui-même régler [spirituellement] ce genre de problèmes, de sorte que rien, jusqu’à nos jours, de son patrimoine ne fut altéré.
En conséquence, je vous exhorte, chers condisciples, de concentrer vos énergies et toute votre détermination, non pas à ces vaines polémiques, mais à suivre scrupuleusement les recommandations de Serigne Touba, à la lecture fréquente du Coran (autant qu’il vous est possible de le lire) et à la récitation assidue de ses poèmes (aucune quantité de qasidas n’étant de trop). Tout ceci, sans prêter l’oreille au mal et sans le propager. Ne pas l’écouter, ni le faire écouter. Tout en laissant au Cheikh le soin de gérer lui-même ce genre de problèmes. En ce qui me concerne, je ne souscris nullement à l’idée d’accomplir en son nom une action qu’il n’a lui-même jamais recommandée dans sa vie…
Mon option personnelle consiste ainsi, sachez-le, à m’abstenir de toute dispute ou querelle au nom de Serigne Touba. Elle consiste plutôt à me consacrer résolument à exécuter ses recommandations. C’est l’attitude que je me suis toujours évertué d’observer et que je conseille à tous ceux qui consentent à m’obéir à imiter. Consacrons-nous donc entièrement au Service de Serigne Touba et à ne jamais céder aux germes du mal et de la division… »
« Il n’est nul bien dans la plupart de leurs conciliabules, sauf si l’un d’entre eux recommande la charité, une bonne action ou une conciliation entre les gens. Et quiconque le fait, recherchant l’agrément de Dieu, à celui-là Nous donnerons bientôt une énorme rétribution. » (Coran 4:114)
[Retranscription originale wolof : S. Sëriñ Mbàkke Jeŋ - Traduction française : Aziz Mbacke Majalis]
Ziarra de la fédération Touba Espagne 2015, auprès du Khalif Général des Mourides (Integral)
Ziarra de la fédération Touba Espagne auprès de Serigne Sidy Moukhtar MBACKE Voici les Discours de Serigne Fallou Mbacké Mourtada.
Allocution du Khalif Général des Mouride Prononcée par Serigne Cheikh Thioro Bassir
Ziara de la fédération Touba Espagne auprès du... par alkhadimiyyah
Télécharger des MP3 (la prestation de Qacaid du kurel 1 de Hizbut-Tarqiyyah lors du Magal Touba 2015)
Grand Magal TOUBA 2015
Prestation du conservatoire de Hizbut-Tarqiyyah en Chants Religieux sur les Œuvres de CHEIKH AHMADOU BAMBA : Grand Magal de TOUBA édition 2015 à la Résidence du Khalife Général des Mourides Serigne Cheikh Sidy Moukhtar MBACKE.| Cliquez sur le titre d'un qasida vous préféré pour télécharger automatiquement |
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Quelles leçons tirer du démenti de Serigne Mountakha ? [Aziz Mbacke Majalis]
Quelles leçons tirer du démenti de Serigne Mountakha ?
J'en ai vu, pour ma part, trois.
Le premier enseignement que j'en tire est ce que beaucoup d'entre nous savait déjà depuis longtemps. L'existence dans notre pays d'une certaine presse dont l'absence inouïe de déontologie et de professionnalisme est des plus choquante. Une presse qui est prête, pour être les premiers à diffuser un scoop, à publier n'importe quoi, n'importe comment, sans aucune vérification ou tentative de recoupement, quitte même à brûler le pays par une information erronée que nul ne pourra accréditer ni réfuter à temps. Une « presse des mille collines » (de plus en plus des sites webs sans foi ni loi) dont la plupart appartiennent, en réalité, à des hommes politiques et qui constituent des armes de destruction massive pour déstabiliser à tout prix le pouvoir (qui dispose lui aussi de ses propres plumes et relais de propagande médiatiques non moins tendancieux). Moralité : les citoyens sénégalais devront faire preuve de plus de prudence et de circonspection dans les informations qui leur sont fournies (surtout à l'heure des réseaux sociaux), pour ne pas faire le jeu de ces types de médias pyromanes.
La seconde leçon que l'on peut tirer du présumé « incident » réfuté par S. Mountakha est que beaucoup de nos condisciples mourides sont actuellement tombés, malgré eux, dans le piège de l'anti-mackysme primaire. S'étant peu à peu radicalisés face aux erreurs récurrentes, aux actes inappropriés et autres discours dévalorisants envers la religion du Président Macky (dont on se demande même quelques fois s'il a ou s'il écoute des conseillers religieux), ces condisciples nourrissent en outre une sorte de frustration nostalgique par rapport aux actes et discours ostensibles du Président Wade sur sa « mouridité » ou même envers ses libéralités fastueuses dans la ville sainte (qui avaient des motivations purement politiciennes à mon avis). Ainsi certaines postures de l'actuel président, au nom de sa conception des « valeurs républicaines » (sur laquelle je suis personnellement assez dubitatif), ont-elles une résonance particulière dans le subconscient collectif mouride et accréditent aux yeux de beaucoup son présumé anti-mouridisme (ou même anti-islamisme imposé par les « lobbies »). C'est cette disposition d'esprit particulière qui explique d'après nous les réactions excessives suscitées par ce supposé incident chez beaucoup d'entre nous. Car, il est fort à parier que le même incident aurait eu lieu du temps de l'ancien président mouride, ces condisciples ne lui auraient pas donné la même ampleur ni la même interprétation. Moralité : la meilleure attitude nous semble être l'objectivité, l'équilibre et le sens de la justice, plutôt que le radicalisme aveugle et les critiques subjectives. Ainsi, à chaque fois que le président de la république posera des actes préjudiciables à la nation ou à la religion qui méritent d'être critiqués, le faire en toute objectivité, en n'ayant en vue que l'intérêt supérieur de la nation et de la religion. Si, par contre, il agit dans un sens jugé positif et utile, l'encourager et l'y soutenir. « Certes Dieu aime ceux qui sont équitables. » (Coran)
Troisième et dernier enseignement : nous les mourides devront faire davantage attention aux pièges de la politique politicienne. Car il nous arrive trop souvent en ces temps, et malheureusement, de céder aux confusions de genre et aux manipulations des politiques qui ne reculent devant rien, même la profanation des choses les plus sacrées, pour atteindre leurs objectifs électoraux (comme le prouvent les sorties malencontreuses voulant surfer sur la colère des mourides pour les monter davantage contre le régime). Actuellement, ce piège des politiques et des médias nous mènent non seulement à nous focaliser excessivement sur des faits divers et événements médiatiques sans aucune plus-value réellement « mouridique », mais nous fait même oublier les choses fondamentales. A savoir les vraies valeurs mourides de pardon, d'indulgence, de justice, de quête exclusive de l'Agrément de Dieu et tous ces nobles principes chers à Serigne Touba.
L'attitude de Serigne Mountakha Bassirou est donc un excellent rappel pour nous tous. Un rappel qui nous enseigne, qu'au fond, les choses périssables de ce monde ne valent pas grand chose devant les valeurs éternelles de Dieu. Qu'au fond nos puériles querelles politiciennes ne valent rien devant l'immense patrimoine que Serigne Touba nous a légué. Que les différentes appartenances et obédiences ne pèsent rien devant le sens de la justice et de l'équité.
Et c'est peut-être cela, ce retour vers les Fondamentaux, la véritable leçon de ce Magal 2015...















