Meloy Mouride Sadikh - Les 4 caractéristiques du murîd sâdiq (S. Abdou Rahmane Mbacke ibn Serigne Abdou Khoudoss )
Chaque mouride a pour vœu le plus cher de devenir un mouride sâdiq, un disciple véridique de Cheikh Ahmadou Bamba (r.a). Nous devons donc savoir, nous mourides, les caractéristiques qui nous feront accéder à cette station de la véridicité dans laquelle nous ont devancé les compagnons du prophète Mouhammad (paix et salut sur lui).
« Sifaatu Saadiqil muriidi bi’khtissaarArbahatun, nazamtuhaa qawfa’khtiraar»
Serigne Touba (r.a) dit à travers ce vers ci dessus : « Les caractéristiques de l’aspirant véridique en résumé sont au nombre de quatre (4). Je vais vous les énumérer sous la forme de poème afin d’éviter toute méprise [tromperie] à ce sujet.»
1. La véridicité dans l’amour du maître spirituel (le cheikh)
Le prophète Mouhammad (psl), le maître spirituel des compagnons, leur avait dit dans un hadith authentique « Vous ne serez jamais croyants tant que l’amour que vous avez pour ma personne ne prime pas sur celui que vous avez sur votre propre personne, vos biens et votre famille » Serigne Touba lui-même nous a montré la voie car il en est arrivé dans son amour inconditionnel au prophète, son maître spirituel (Wassîla), à dire :
« Mahat mahabbatiyal Muxtaari seyyidinaa
Hubbil maghaaniya wal ahliina wal waladaa »
« Mon amour profond pour Muhammad (Le Choisi) a effacé en moi tout amour des biens, des familles ou des enfants ».
Par ailleurs le premier khalife générale des mourides Serigne Muhammadou Moustapha Mbacke nous rappelle ceci dans un de ses sermons : «Sachez que le statut de Mouride ne consiste pas en une simple profession de foi verbale mais se doit d'être accompagnée d'un certain nombre d'attitudes nécessaires attestant de sa validité. Ces attitudes sont la véridicité dans l'amour [du Cheikh] et l'engagement résolu à son service dans la mesure de ses moyens et de ses aptitudes. Il est avéré que quiconque aime réellement une chose la préférera à toute autre chose et que les indices de cet attachement ne manqueront point de se manifester à travers ses paroles et actes qui se révéleront conformes à l'objet de cette passion »
2. Respecter scrupuleusement ses recommandations et éviter ses interdits
Si le premier point est véridique dans le cœur de l’aspirant mouride, ce deuxième point devient une formalité. Guidé en cela par l’amour qu’il a du cheikh. On ne peut pas prétendre aimer quelqu’un et refuser de suivre ses recommandations et perpétuer à toujours faire ce qu’il vous interdit.Or le guide religieux authentique ne te recommande et ne t’interdit que sur ordre de Dieu. Donc suivre ses recommandations, c’est suivre l’Ordre de Dieu.
3. Arrêter de diverger, de tergiverser ou de remettre en cause le maître spirituel (même intérieurement)
La troisième caractéristique, c’est de ne rien reprocher au guide véridique ni dans son cœur, ni par ses paroles ni par ses actes. En effet, le prophète Mouhammad(psl) dit un jour aux compagnons : "Ce que je vous ai interdit, évitez-le et ce que je vous ai enjoint de faire accomplissez-le selon votre capacité. Car ce qui entraina la perte de ceux qui vont ont précédés ce fut bien leurs questions excessives et leurs divergences envers leurs prophètes."
4. Préférer ce qu’il a choisi pour toi en lieu et place de ce que tu choisis pour toi.
La quatrième caractéristique est de renoncer à tous ses choix antérieures pour s'en tenir à ce qu'il a choisi pour toi en termes de moyens d'accéder à la piété. En effet, tu es un disciple en cours de perfectionnement spirituel avec un coeur malade (entaché de vices). Tu dois donc renoncer à tes traitements antérieures pour adopter les traitements du maître spirituel qui est ton médecin (du coeur).
Est ce que tu dirais "Non" à ton médecin (du corps) qui te dit d'arrêter de prendre tel médicament que tu prenais en lieu et place de celui qu'il vient de te prescrire ? Non.
« Celui qui aspire à la Conjonction Spirituelle du MAJESTUEUX, qu’il se cramponne à la Tradition de l’Envoyé de DIEU (Mouhammad, paix et salut sur lui).En fréquentant un adorateur qui ne s’écarte, ni extérieurement, ni intérieurement, de la Voie Droite. Il le conduira ainsi, par la science et l’adoration, de même qu’il l’éduquera à l’abandon des usages communs (Âda ).» Maghâlighu Nirân (Vers 9-13)
Que Dieu fasse de nous des mourides véridiques qui aspirent à l'agrément d'Allah (swt) en faisant don à Dieu de leurs personnes et de leurs biens dans le service de Cheikhoul Khadîm(r.a).
L'importance du social au sien du "Dahira"
L'importance du social au sien du dahira
Au nom de dieu le cclément,le miséricordieux.
Fondé en 1943 par serigne cheikh Ahmadou mbacké gaïndé fatma ( que dieu soit satisfait de lui ), le dahira a pour objectif de regrouper les musulmans des deux sexes pour préserver entre eux les liens de solidarité et de fraternité. C'est un espace de réflexion où les talibes discutent de leur problèmes, s'entraident par par leur biens leurs idées et leurs forces physiques. C'est dans ce contexte que nous allons essayer de parler de l'importance de la commission social au sien du dahira car elle y occupe une place prépondérente.Elle englombe les notion fondamentales d'unité, de cohésion, de solidarité d'éducation de formation et d'échange consensuel d'idées et de biens, en somme c'est le socle du dahira . serigne mbacké mouhamed (que dieu soit satisfait de lui) aimait à la rappeler dans ses recommandations. : evertuez vous dans l'entraide, : la solidarité et l'amour de votre prochain car tout les talibé ont comme dénominateur commun la foi en dieu, en ses prophètes en ses anges, en ses livres et au jour du jugement dernier.
Serigne Cheikh à ses balbutiements disait je n'ai vu aucun voie plus simple et plus rapide que le dahira pour arrive à l'agrément du seigneur si non je vous l'aurais indiquée.son souhait était de voir les musulmans s'unire ,s'organiser afin de pouvoir défendre leur religion et s'acquitter librement de leur devoir de croyant en sommes vivre pleinement leur foi . il prone la compréhension, la tolérance, la solidarité agissante dans tout les domaines de la vie ( travail, logement, assitance légale, problème quotidiens etc.. ) au sein du dahira qui est et restera un veritable cadre d'épanouissement spirituel et temporel. Serigne mouhamed taïf ne se laissait jamais de dire aux talibes de rejoindre le dahira, d'acheter une carte et de travailler ensemble ceci est la bonne voie qui mene sens obstacles au salut.nous invitons tout les membres à s'inscrire dans cette commission et à s'acquitter de leur cotisation annuelle de? 20 un signe de ndigeul.
La force de n'importe quelle structure est dans l'Union et la cohésion de ses membres. Que dieu nous préserve de satan et agrée notre action. Gloire à dieu le maitre des homme
Fondé en 1943 par serigne cheikh Ahmadou mbacké gaïndé fatma ( que dieu soit satisfait de lui ), le dahira a pour objectif de regrouper les musulmans des deux sexes pour préserver entre eux les liens de solidarité et de fraternité. C'est un espace de réflexion où les talibes discutent de leur problèmes, s'entraident par par leur biens leurs idées et leurs forces physiques. C'est dans ce contexte que nous allons essayer de parler de l'importance de la commission social au sien du dahira car elle y occupe une place prépondérente.Elle englombe les notion fondamentales d'unité, de cohésion, de solidarité d'éducation de formation et d'échange consensuel d'idées et de biens, en somme c'est le socle du dahira . serigne mbacké mouhamed (que dieu soit satisfait de lui) aimait à la rappeler dans ses recommandations. : evertuez vous dans l'entraide, : la solidarité et l'amour de votre prochain car tout les talibé ont comme dénominateur commun la foi en dieu, en ses prophètes en ses anges, en ses livres et au jour du jugement dernier.
Serigne Cheikh à ses balbutiements disait je n'ai vu aucun voie plus simple et plus rapide que le dahira pour arrive à l'agrément du seigneur si non je vous l'aurais indiquée.son souhait était de voir les musulmans s'unire ,s'organiser afin de pouvoir défendre leur religion et s'acquitter librement de leur devoir de croyant en sommes vivre pleinement leur foi . il prone la compréhension, la tolérance, la solidarité agissante dans tout les domaines de la vie ( travail, logement, assitance légale, problème quotidiens etc.. ) au sein du dahira qui est et restera un veritable cadre d'épanouissement spirituel et temporel. Serigne mouhamed taïf ne se laissait jamais de dire aux talibes de rejoindre le dahira, d'acheter une carte et de travailler ensemble ceci est la bonne voie qui mene sens obstacles au salut.nous invitons tout les membres à s'inscrire dans cette commission et à s'acquitter de leur cotisation annuelle de? 20 un signe de ndigeul.
La force de n'importe quelle structure est dans l'Union et la cohésion de ses membres. Que dieu nous préserve de satan et agrée notre action. Gloire à dieu le maitre des homme
Extraits d’un discours de Serigne Saliou Mbacké, Précisant sa position sur les questions politiques
« (…) Je vous rappelle que tous nos propos s’orientent essentiellement vers Dieu, notamment vers Son adoration et l’obéissance lui étant due. Mais le contexte politique actuel est tellement agité que beaucoup de gens viennent souvent me demander mon avis et ma position sur ces questions. Aussi voudrais-je apporter à tous mes frères musulmans les clarifications suivantes et préciser que ma position sur les questions politiques n’a nullement varié. J’ai toujours expliqué aux différents acteurs politiques que ma mission n’est nullement de m’engager en politique, même si je ne la considère pas préjudiciable en soi à cette mission. Car, quels que soient les partisans ou les camps politiques qui me rendent visite, l’on y retrouve infailliblement une grande partie de mes disciples qui en composent même souvent l’essentiel. Ce qui fait que j’y compte en général plus de fidèles que quiconque d’autres. A telle enseigne que je considère chaque camp politique comme ma propre famille. C’est la raison pour laquelle mon souhait pour tous ces partis est le même, à savoir la paix et le salut. Ceci constitue ma profonde conviction et l’attitude que j’ai résolument décidé d’adopter pour toujours. Quiconque choisit d’en adopter une autre est libre de le faire, mais ne me verra nullement en changer et me retrouvera inéluctablement dans cette posture. Posture qui se résume à l’Adoration de Dieu et au Service de Cheikh A. Bamba, tout en entretenant avec les hommes politiques des relations fondées sur les intérêts de la communauté mouride. Par ailleurs, sachez que je ne m’immiscerai jamais, ni en paroles ni en actes, dans une quelconque question politique que j’aurais estimée en dehors de mon ressort. Car, bien que n’étant nullement sans connaître la nature de ces questions, je ne les considère toutefois pas comme faisant partie intégrante de ma mission. C’est cela ma position actuelle. Et elle ne pourrait varier que si des circonstances particulièrement exceptionnelles l’exigent. J’implore le Seigneur de nous accorder tous ensemble une issue heureuse. Je Le prie de gratifier de Son Assistance quiconque (parmi les hommes politiques) dont l’œuvre s’avérera le plus bénéfique pour le développement, la paix et le progrès du Sénégal. Car ce n’est qu’à travers cela que nous pourrons matérialiser nos objectifs. Pour le reste, je vous rappelle mes recommandations envers l’Adoration de Dieu, notamment de persévérer dans l’imploration assidue du Seigneur, de vous repentir constamment en Dieu, de vous acquitter de la charité et de vous consacrer à la lecture quotidienne du Coran. Chacun d’entre vous n’accomplit, certes, ces actes cultuels que pour son propre compte, mais m’aura également assisté, ce faisant, dans ma mission. A chaque fois qu’un nouveau foyer dédié à l’Islam (Keur Serigne Touba) sera fondé, je vous recommande d’y lire fréquemment le Coran et les Panégyriques du Prophète (PSL). S’il vous est possible de lire le Livre Saint en groupe vingt-huit fois par jour, accomplissez-le, autrement, lisez en ce qui se trouve à votre portée, au même titre que les Panégyriques (qasidas) du Prophète. Je vous réitère très fortement mes recommandations envers ces pratiques cultuelles. Notre Seigneur étant l’Infiniment Généreux qui n’attend de Ses serviteurs que l’imploration de Ses Bienfaits insondables, Le solliciter constitue pour nous aussi bien une obligation cultuelle qu’une source de réussite. Puisse Dieu nous assister, nous inciter à nous consacrer aux œuvres qu’Il agrée le plus et nous accorder une issue heureuse. Que la Paix soit sur vous. » Traduction française : Majalis.org
Un poème de Serigne Moussa Kâ dédié à un des attirés vers Allah (Majzuub) de Serigne Touba à savoir Serigne Ababacar Sarr plus connu sous le nom de Serigne Mbaye Sarr.
Un poème de Serigne Moussa Kâ dédié à un des attirés vers Allah (Majzuub) de Serigne Touba à savoir Serigne Ababacar Sarr plus connu sous le nom de Serigne Mbaye Sarr. Les attirés vers Allah, dans le jargon soufi, sont caractérisés par le fait qu'ils ne sont pas des exemples à suivre à la lettre, subjugués qu'ils sont par la puissance des lumières divines et des états mystiques qui sont les leurs qui font que leurs actes peuvent parfois défier l'entendement et même plonger dans la perplexité les plus orthodoxes. Ceci étant, même si leurs actes peuvent paraître aller à l'encontre de la loi exotérique, un connaissant par Allah lui saura qu'il n'en est rien. Les voies du Seigneur sont impénétrables. C'est ce que Serigne Moussa Ka, dans un style inimitable et élégiaque qui est le sien, tente de faire comprendre au commun des mortels.
"Abaabakar Saar" [Sëriñ Mbay Saar]
Muriid yi xam leen ne Abaabakar Saar
“Majsóob”la, kuñ wommat du xam fa muy jaar
“Majsóob”la, kuñ wommat du xam fa muy jaar
Yëngoom ba ak dalam ga léppay “lasraar”
Tëggam ma ak tëbam ma léppay “lanwaar”
Tëggam ma ak tëbam ma léppay “lanwaar”
Gumba gu jébbal tum ba ngën nji njaccaar
Du ko ne fii ngay jaar, “soféeray” yor mbaar
Du ko ne fii ngay jaar, “soféeray” yor mbaar
Bàmbaay boroom saxaar gi, Baabakar Saar
“Wagoo” ma, seen bagaas du teggi ab gaar
“Wagoo” ma, seen bagaas du teggi ab gaar
“Majsóob” ya daa sóobu ba seey ngir “lanwaar”
Buñ dekki won ba jis ko dollikug waar
Buñ dekki won ba jis ko dollikug waar
Naankat bu màndi dootu tagook bàkkaar
“Majsóob” bu jeex ci Yàlla dootul bàkkaar
“Majsóob” bu jeex ci Yàlla dootul bàkkaar
Yaa jeex ci Siidi Bàmba, yaa doyug waar!
Luumal nga fóore ya “kazaaka lahbaar”
Luumal nga fóore ya “kazaaka lahbaar”
Jaaxal nga nasraan yi lëjal nga “laxyaar”
Semmal nga “lachyaax” yay boroomi “lasraar”
Semmal nga “lachyaax” yay boroomi “lasraar”
Góoru “muhaajiriina” yaaki “lansaar”
Gàddaay nga seen gàddaay ga Baaba naam Saar
Gàddaay nga seen gàddaay ga Baaba naam Saar
Yaa donnu kër Seex Anta Siidil Muxtaar
Wallaahi bii tabax niroowul ak mbaar
Wallaahi bii tabax niroowul ak mbaar
“Jazaaka” yal na Yàlla fay la yaw Saar
“Yawmal jazaa’i ka rijaali lansaar ”
“Yawmal jazaa’i ka rijaali lansaar ”
Sëriñ Muusaa Ka
Aji bindaat ji : Sñ Jeŋ
Aji bindaat ji : Sñ Jeŋ
SOKHNA DIARA BOUSSO ÉTAIT-ELLE BELLE ? [Par A. Aziz Mbacké Majalis]
En souhaitant un excellent Magal de Porokhane à tous les condisciples , plus particulièrement à nos sœurs mourides qui ont fait de Sokhna Diara Bousso leur modèle, nous souhaiterions partager avec elles cette interrogation que nous avons toujours eue par rapport à l'histoire de la sainte mère de Cheikhoul Khadim.
En effet, bien qu'il existe un très grand nombre de récits relatifs à tous les aspects de la brève mais très riche biographie de Sokhna Diara, rapportés par l'hagiographie mouride, nous n'avons jamais eu d'information sur sa beauté, son élégance ou d'autres éléments physiques pourtant si chers à nos sœurs !
Qu'est-ce qui peut bien expliquer cette carence historique ? Pourquoi celle-ci ne remet-elle en rien en cause sa popularité inégalée et l'attachement de la gent féminine envers elle ? Quelles leçons peut-on en tirer ?
Pour moi, c'est très simple.
Le fait que les caractéristiques physiques de Sokhna Diara importent si peu dans son histoire, dans sa sainteté et dans les insignes faveurs divines dont elle fut pourvue. Le fait que l'on se focalise essentiellement, près d'un siècle et demi après sa disparition, sur ses vertus et sa piété, au point de lui consacrer le rassemblement religieux le plus important dédié à une figure historique féminine au Sénégal (et peut-être même en Afrique). Le fait que peu nous importe aujourd'hui qu'elle fut belle ou pas, qu'elle soit une virtuose du "sagnsé" ou non, qu'elle ait un "teint bou rare", ait l'habitude de porter des tissus "risse", aux "niaw" et couleurs assorties, fasse de belles tresses etc. Le fait que tout cela n'ait, aujourd'hui, aucune sorte d'importance à nos yeux, démontre simplement que les choses les plus importantes dans la vie, celles qui resteront en définitive et peuvent profitent à la postérité, dépassent souvent nos caractéristiques physiques, matérielles, éphémères et contingentes (apparence, habillement, look, mode, « buzz » etc.).
Ce qui, donc, de nous, de notre passage sur terre, restera, c'est le fond (savoir, savoir-faire et savoir-être) et le cœur, mais nullement la forme et le corps. Une forme que les infâmes vers de terre se feront toujours, d'ailleurs, une joie tragique de digérer en quelques jours de tombe.
Pour nous, c'est cela la véritable leçon de Mame Diara aux jeunes sénégalaises. Qu'il est, certes, tout à fait normal, pour une femme, de cultiver sa beauté et son élégance (pour, du moins, ceux qui sont autorisés à les apprécier). Cela faisant même, quelque part, partie de la « nature féminine » (ou même humaine). Mais que cette instinctive « culture des formes » ne devrait pas prendre le pas sur les autres considérations de fonds. Sur la culture de l'excellence, dans le savoir et dans la piété. Que les considérations esthétiques qui prennent, malheureusement, l'essentiel du temps, du budget et des activités d'un trop grand nombre de femmes modernes, sénégalaises ou non, ne méritent pas l'importance prioritaire qu'elles leur ont donné dans leur vie. Car ce ne seront ni ta beauté, chère sœur, ni tes nombreux atours qui feront de toi une Sokhna Diara dont on se souviendra des siècles après sa disparition. Ce ne sera pas, non plus, la lourdeur de tes « bagages » et de ton pouvoir d'attraction sur les hommes qui seront déterminants sur la balance de tes actes, à l'Au-delà. Mais plutôt la pureté de ton cœur et de tes actions pour la seule Face Dieu. Sache-le donc, Sokhna si, ce seront d'obscurs vers inconnus qui se paîtront langoureusement, le jour de « ton magal », dans le « bérndé » charnel de ce beau corps dont tu prenais tellement soin, au détriment de ton cœur. Et, crois-moi, aucun de tes anciens prétendants ou amants les plus éperdus ne voudraient plus de toi dans cet état. Hélas !
La leçon de Mame Diara aux hommes, c'est de persévérer à faire de leurs femmes des modèles. A les aider à dépasser leurs limites, à supporter leurs imperfections et à les orienter vers la vertu, le sens du dépassement et les choses qui durent. Vers Dieu. Mais pas à les considérer comme de simples objets de plaisir, abandonnés aux futilités, comme des mannequins soumis aux canons de la mode et de la beauté physique pour satisfaire nos égoïstes caprices masculins. Car, même si la nature a rendu importants les critères d'attirance physique, ces derniers s'avèrent, avec le temps, moins décisifs et finissent souvent par être supplantés par les valeurs plus durables.
Faisons donc de nos femmes, de nos sœurs et de nos filles des Sokhna Diara et des Fawad Wéllé pétries de Ngor et soumises à leur Seigneur. N'en faisons pas de vulgaires Beyoncé et des Rihanna sans vertus, soumises à la passion et au clinquant de cette vie éphémère.
Bon Magal à toutes !
LETTRE D’UNE PRISONNIERE A MAME DIARRA BOUSSO
Cette lettre très touchante fut imaginée et écrite par une jeune adolescente, détenue à la « Grande Prison de la Modernité », à Sokhna Diarra Bousso, la sainte mère de Cheikh Ahmadou Bamba. Au-delà d’un talent certain pour la fiction littéraire et les échos captivants d’une certaine jeunesse «numérique», ce texte, malgré quelques fois son ton assez déroutant de cette familiarité du monde de l’« interactivité » créé par Facebook, Twitter et les SMS, ne manque pas également d’interpeler nos conceptions classiques sur la véritable valeur de certains fruits du « progrès » et de nous mener, ce faisant, à une profonde relativisation du vrai « sens » des choses. A travers cette correspondance métaphorique d’une jeune fille du monde qui ose, du fond de sa cellule digitalisée et hyper-médiatisée, invoquer le modèle éternel de Mame Diarra et des autres vertueuse de l’Islam, prisonniere1313@gmail.com déplace, sans le savoir, le champ de certains paradigmes actuellement imposés à la jeunesse et tente d’ouvrir, dans le haut mur de sa Grande Prison, ne serait-ce qu’un interstice assez large pour jeter à la mer une bouteille contenant le message, non plus d’une simple « ado » rêveuse en quête d’inspiration, mais celui de toute une humanité désorientée et en perte de vitesse, pour n’avoir pas su jusqu’ici distinguer le nécessaire de l’accessoire…
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Lettre d’une prisonnière à Mame Diarra Bousso
Adresse : Prison de la Modernité
N° de Matricule de la Détenue : 1313-SFR-XVIII
N° de Matricule de la Détenue : 1313-SFR-XVIII
Chère Mame !
Je ne sais où te joindre. J’aurais bien aimé t’envoyer un mail, te parler sur Facebook, sur Skype, sur Twitter ou sur Viber... ou peut être même t’envoyer un petit texto. On dit que c’est plus rapide dans notre Prison. Mais il m’arrive quelques fois de me demander à quoi me servent tous ces moyens de communication du moment que je ne peux pas y joindre des personnes comme toi, avec qui j’ai follement envie de discuter. Oh Mame, tu ne sais pas comme je t’envie ! Toi qui ignores toutes ces choses ! Tu n’as pas été prise en otage, toi...
Quelle chance !
Mame, j’ai peur ! Ils étaient partis mais ils sont maintenant revenus. Cette fois ci avec des armes plus efficaces que des canons. On les appelle des « satellites » ! J’aurais bien aimé t’expliquer ce que c’est un satellite, mais j’ignore moi-même ce que c’est exactement. Tout ce que je sais, c’est que c’est à partir de ces satellites qu’ils nous ont tendus des pièges où nous sommes tombés si facilement. Ils ont réussi à nous ligoter avec des chaînes qu’ils appellent mondialisation, parité, féminisme, liberté, philosophie, droit, démocratie, développement, civilisation, TIC et tant d’autres liens. Ensuite ils nous ont déportés dans une Grande Prison que l’on appelle Modernité. C’est ainsi que nous sommes devenus leurs otages, avant même de nous en rendre compte. Oh Mame ! Comme je t’envie toi, qui a vécu loin de toutes ces chaînes !
Quelle chance !
Tu sais, Mame, j’aimerais tant m’évader de cette Prison et te retrouver. Mais il me semble impossible de m’en échapper car elle semble si bien fermée et si bien sécurisée. Je ne sais vraiment pas comment faire ! En plus, ils ne sont même pas efficaces, ces moyens qu’on nous offre dans la Grande Prison, sinon ma lettre te serait parvenue très facilement, n’est-ce pas ? Ou peut être est-ce nous qui ne savons pas comment les utiliser ? Je me demande même si ces moyens sont réellement appropriés et nous sont vraiment indispensables ! J’ai comme l’impression qu’on a sauté une étape, pas toi ? On devrait peut être forcer les portes de la Grande Prison et retourner à la source, à ta Source, celle où tu as puisé toute cette foi, toute cette force, toute cette patience, toute cette générosité, tout cet amour, et tout ce pouvoir !
Comme Mariama, Amina, Aicha, Fatima, ta vie aussi fut si courte mais son sens si grandiose ! Et pourtant tu n’avais pas à ta disposition les moyens qu’ils nous ont donnés dans la Grande Prison et qu’ils disent indispensables pour réussir ! Tu habitais dans un village au fin fond du Sénégal, tu n’as pas fait leur école, ni leur université, tu n’avais pas d’iphone, ni d’ipod, encore moins un ordinateur. Tu n’étais même pas à la « mode ». Moi la moderne, la « branchée » qui ai obtenu toutes ces choses qu’on dit « extraordinaires », à quoi me servent-elles si je n’arrive pas comme toi à faire quelque chose d’extraordinaire ? Même s’il m’arrive des fois d’en faire, des trucs pas mal, c’est très vite oublié, mais toi, le fruit de ton travail, plus d’un siècle après, on en parle encore et partout, même chez l’Oncle Sam ! Oh Mame, comme je t’envie d’avoir donné sens à ta vie !
Quelle chance !
Mame sais-tu ce que c’est une « star » ? Dans la Grande Prison, y’en a plein, enfin, je ne sais même pas si on peut appeler ça de vraies « étoiles » ! Il suffit, à partir de ces satellites dont je te parlais tantôt, qu’on nous montre sur un écran qu’on appelle ici « télé » un jeune homme ou une jeune femme presque nue pour qu’on dise que c’est une star ! Après, elles ont des « fans » qui imitent tous leurs faits et gestes, sans même réfléchir. Parce qu’elles sortent juste à la télé et ont de belle « fringues » (c’est comme ca qu’on appelle les étranges habits qu’on met dans la Grande Prison). Mais peu de temps après, on voit que ces soit disant stars s’éteignent et d’autres les remplacent émoticône wink
Alors que toi tu n’avais pas besoin qu’on te montre à la télé, ni qu’on te prenne en photo, tu n’avais pas besoin de publicité ni de vendre autant de disques. Tu n’avais pas besoin de tout ce folklore, et pourtant je n’ai jamais vu une star aussi grande que toi ! Qui a aujourd’hui autant de fans que toi, même dans la Grande Prison !? Mais, malheureusement, la plupart d’entre elles ne sont pas encore conscientes, qu’en plus d’être simplement tes fans, elles devront faire de toi leur modèle ! Oh Mame, je t’envie tellement, toi l’éternelle Star !
Quelle chance !
Ben, il faut que je te laisse mai'nant Mame. Je dois y aller, car les devoirs de la Prison m’appellent, hélas ! Ils nous occupent tellement au point que des fois on n’oublie même qui nous sommes, d’où nous venons et où nous devrions aller. Oh Mame, ma star ! Le seul fait de t’écrire cette lettre me rend si sereine et si heureuse ! J’aurais bien aimé continuer à te parler de la Grande Prison, te parler de nos nombreux problèmes, de nos peurs, de nos petits bonheurs et te raconter tant d’histoires sur cette feuille blanche qui est ma seule liberté !
A la prochaine Mame !
Souhaite moi ta chance, parce que j’en aurais vraiment besoin pour espérer un jour me libérer de leurs chaînes et m’évader de cette dure vie de Prison, cette Grande Prison qu’ils ont appelée Modernité. Pour te retrouver enfin au Grand Air et discuter avec toi de tant de choses qui donnent un vrai sens à la vie, sans être obligée de passer par Facebook, Skype, Twetter, Viber ou par un SMS.
A+ Mame.
prisonniere1313@gmail.com
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PS : Le N° de Matricule de la Détenue (1313-SFR-XVIII) que nous avons relevé à l’en-tête de la lettre semble contenir une subtile suggestion assez significative, à notre sens. Car ce numéro, semblant être une version inversée de la date de départ en exil du Cheikh : 18 Safar 1313 (SFR=Safar, XVIII=18), suggère que cet évènement qui marque l’indépendance de son peuple symbolise également la liberté tacite, intellectuelle, mentale et spirituelle, acquise déjà par la prisonnière, ceci, à l’intérieur de sa cellule et même avant d’écrire sa lettre. Un vrai signe d'espoir…
CARICATURE : Le Centre culturel de l'Ambassade d'Iran condamne l'acte et soutient la confrérie mouride
Dans une lettre adressée au porte-parole du Khalife général des mourides, Serigne Bassirou Abdou Khadre Mbacké, le Centre culturel de l'Ambassade d'Iran, après des salutations, a fermement condamné la caricature de Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké par le journal Jeune Afrique.
Signée par le directeur du Centre culturel de l'Ambassade d'Iran au Sénégal, Dr Chérif Hassan Esmati, la lettre dit ceci : " Je vous fais part, par ma voix que notre institution condamne fermement la caricature sur la communauté mouride faite par le magazine "Jeune Afrique". C'est un acte odieux que toute l'Unité Islamique doit dénoncer. Dans ce sens, nous apportons notre soutien sans faille à la confrérie mouride et à tous les foyers religieux du Sénégal."
Cheikh Sidy Moukhtar MBACKE gardien de l’orthodoxie mouride
Le Khalife Général des Mourides Cheikh Sidy Moukhtar MBACKE digne héritier de Serigne Bamba ne permet à personne de manquer de respect à Serigne TOUBA et de ternir l’image de l’Islam dans sa globalité.
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Wolof
Rupture dans la lecture d'une "caricature" [Par Cheikh Amadou Bamba SEYE, Professeur d’anglais et doctorant aux USA]
Le jeudi 28 janvier 2016, le magazine Jeune Afrique a publié sur son site une photo accompagnée d’un commentaire blasphématoire sur le fondateur du mouridisme, son éminence Cheikh Ahmadou Bamba alias Serigne Touba. L’auteur de ce sacrilège, en l’occurrence Damien Glez, prétendait ipso facto illustrer un article sur l’homosexualité. Cet acte ignoble à plusieurs égards (l’utilisation de la photo d’une figure aussi emblématique que Serigne Touba et le sujet infamant de l’article à savoir l’homosexualité) a suscité un tollé et créé une levée de boucliers au Sénégal où les pouvoirs spirituel et temporel, ainsi que les musulmans dans leur unanimité, l’ont vigoureusement condamné. Cette affaire tout comme les caricatures du Prophète (PSL) participent des signes de la Fin des Temps ou Akhirou Zamān, une époque où l’on aura tout vu et tout entendu, une époque où les homosexuels, les lesbiennes etc. seront très répandus.
D’emblée, je voudrais souligner le caractère galvaudé du terme “caricature” (que je mets entre guillemets dans le titre) dans cet emploi précis pour décrire cette illustration incriminée, non point pour dédommager son auteur (loin s’en faut!) mais pour les besoins de l’usage correct du mot. Le mot “caricature” est defini par le Larousse comme une “représentation grotesque, en dessin, en peinture, etc., obtenue par l'exagération et la déformation des traits caractéristiques du visage ou des proportions du corps, dans une intention satirique”; or c’est la photo originale du Cheikh (que j’ai vue telle qu’initialement publiée) qui fut utilisée, ne souffrant d’aucune “représentation grotesque” quelconque ou d’une altération quelle qu’elle soit. Le scandale donc réside dans le fait d’associer l’image (la photo) du saint-homme accompagnée d’un commentaire très irréverencieux, et qui plus est, dans un article qui aborde l’homosexualité. Quelques heures suite à la publication en ligne de cette photo et après des pressions supposées exercées sur le magazine, la photo en question fut retirée et remplacée par un dessin en caricature anonyme d’un homme avec le même commentaire.
Après avoir abordé la dimension factuelle, parlons maintenant de sa portée socio-spirituelle. Il faut dire sans ambages qu’il n'est pas concevable que des actes irrévérencieux de cette nature soient dirigés contre des personnalités religieuses de la carrure de Cheikh Ahmadou Bamba qui est le Guide spirituel de millions de gens. Bien que la photo fût remplacée par un dessin caricatural, cela ne peut en aucun cas réparer l’acte: le mal est deja fait. Le nouveau dessin ne pourra pas en effet éclipser le dessein de l’auteur: ternir l’image d’un homme de Dieu, figure symbolique de l’Islam et vénéré par des millions de personnes aussi bien au Sénégal qu’à travers le monde. Ces journalists mécréants croient à tort qu’ils peuvent se prévaloir de la liberté d’expression ou de la liberté de presse qui, au demeurant, n’a plus bonne presse. Comme je l’ai écrit dans un article que j’ai signé en 2011 et intitulé ‘‘Lynchage médiatique du mouridisme: œuvre satanique ou entreprise maçonnique?’’, «le droit à l'expression, qui doit s’accommoder avec le sens de la responsabilité, doit s'exercer dans les limites du droit des autres au respect de leurs institutions sacrées ».
Le lendemain de la publication de cette photo, une mise au point fallacieuse sous forme d’excuse laconique fut signée par Elise Colette, rédactrice en chef numérique, en ces termes: « Nous avons publié, le 28 janvier, une première version d'un dessin de presse de notre dessinateur Glez, qui intégrait une photo du fondateur de la confrérie mouride, Cheikh Ahmadou Bamba. Compte tenu de l'émotion suscitée au Sénégal, nous avons préféré supprimer ce dessin et le texte qui l'accompagnait. Avec ce dessin, notre intention n’était pas de blesser qui que ce soit, et encore moins de porter atteinte à la figure vénérée par de nombreux fidèles de Cheikh Ahmadou Bamba, mais de dénoncer la bêtise de ceux qui ne font pas la différence entre un caftan et une robe, avec toutes les déductions faciles et infondées qui pourraient en découler. Une simple analogie humoristique avec l’« affaire Waly Seck », donc. Nous comprenons néanmoins parfaitement que ce dessin ait pu choquer et présentons nos sincères excuses à tous ceux qui ont été offensés” (sic). Tout lecteur perspicace se rendra à l’evidence que cette explication, somme toute tirée par les cheveux, est condescendante et malhonnête. Quant à Marwane Ben Ahmed, patron de ce magazine, il a verbalement présenté ses excuses à toute la communauté mouride sur fond de mea culpa: « C’est clair!Nous n’aurions jamais dû publier ce dessin…», dit il.
Par ailleurs, il faut saluer le respect de la hiérarchie, le sens de la discipline et l’esprit pacifique qui ont toujours caraterisé les disciples mourides. Ceux de la capitale ont organisé une marche pacifique le vendredi 29 janvier afin de protester contre l’irréverence de ce magazine, et ce, conformément au Hadith du Prophète (PSL): « quiconque parmi vous voit une chose répréhensible, qu’il la corrige par sa main; s’il en est incapable, qu’il la dénonce par sa langue; s’il en est incapable, qu’il le fasse par son coeur: cela est le degré le plus faible de la Foi». Cette marche pacifique est à saluer car elle confirme, encore une fois, le caractere pacifique de l’Islam, au grand dam de ses détracteurs. En outre, elle rompt également d’avec les réactions sanglantes et meurtrières qui ont marqué l’actualité de ces deux dernières années en pareille situation. C’est cela véritablement la force. Celle-ci ne consiste pas à user de la violence. Cette force des mourides est inspirée de celle de la principale victime dans cette affaire, en l’occurrence Cheikh Ahmadou Bamba au sujet de qui Antoine Jean Martin Arthur Lasselves, administrateur du Cercle de Diourbel de 1913 à 1915 écrit: « Ce Cheikh Bamba détient certes une puissance innée dont la raison ne parvient pas à saisir la source et expliquer la capacité de forcer la sympathie. La soumission des hommes à lui est extraordinaire et leur amour pour lui les lui rend inconditionnels…Il semble qu’il détienne une lumière prophétique et un secret divin semblable à ce que nous lisons dans l’histoire des Prophètes et leurs peuples… Celui-là [le Cheikh] se distingue toutefois par une pureté de cœur, par une bonté, une grandeur d’âme et un amour du bien aussi bien pour l’ami que pour l’ennemi. Qualités dans lesquelles ses prédécesseurs l’auraient envié, quelque grande que fussent leurs vertus, leur piété et leur prestige… Les plus injustes des hommes et les plus ignorants des réalités humaines sont ceux qui avaient porté contre lui de fausses accusations consistant à lui prêter l’ambition du pouvoir temporel. Je sais que les
Saints et les Prophètes qui ont mené une guerre sainte l’ont fait sans disposer de la moitié de la force dont dispose ce Cheikh… »
Il est vrai qu’un disciple dont le guide spiritual est diffamé peut être affamé de vengeance mais un mouride doit sinspirer toujours et davantage de cette figure dont la stature est certes inégalable, mais qui marcha sans rupture sur les traces du Prophète (PSL) dont il hérita de toutes les qualités pour lesquelles Dieu l’a loué dans le Coran en ces termes: « Et tu es certes d’une moralité exaltante » (sourate 68, verset 4). Le Prophète Mouhammad (PSL) dit dans une de ses nombreuses sentences: « le preux chevalier n’est pas celui qui use de force ou de violence mais plutôt celui qui parvient à surmonter son courroux quand il est en colère » ; son Serviteur de renchérir : « lorsque je fus victime d’injustice (de la part des colonisateurs), je fis preuve d’endurance et de longanimité et Dieu me vengea et me rétribua; par conséquent, si quelqu’un parmi vous est victime d’injustice, qu’il fasse montre de longanimité et Dieu se chargera de le venger et lui réservera une rétribution ».
Cheikh Abdou Ahad Mbacké (troisième Khalif général des mourides) disait qu’« il n’y a que deux types d'individus qui nourrissent un mépris pour Serigne Touba : quelqu'un qui ignore réellement l'homme ou celui qui est jaloux de la dimension spirituelle dont Dieu l'a gratifié ». Il ajouta : « quelqu’un (Cheikh Ahmadou Bamba) qui a pardonné à ses ennemis n’a point besoin qu’on le venge». Dans un de ses traités sur le soufisme, Cheikh Ahmadou Bamba use de cette métaphore pour donner un signal fort dans le cadre de ses efforts de paix: «Si tu es consumé par le feu de la controverse, éteint le avec l’eau du silence et de la trêve. Si tu es piqué par le scorpion de l’altercation, enlève son venin par la commisération et la paix. Si tu es mordu par le serpent de l’hostilité, enlève son venin par le conseil et la générosité. Si tu es enivré par le vin de la colère et de la jalousie, abreuve-toi de l’eau de la longanimité et du détachement (des choses mondaines) ».
Loin d’user de l’argument de la force, il convient d’utiliser et d’encourager la force de l’argument en pareil événement (ne dit-on pas que «la plume blesse souvent plus que l’épée»)? Cette affaire vue par beaucoup comme “une caricature de Cheikh Ahmadou Bamba” peut se prêter à plusieurs lectures (spirituelle, politique, géo-stratégique, eschatologique etc), mais la plus grande lecture que j’en ai faite est la suivante: il ya un an, le Prophète Mouhammad (PSL) fut caricaturé par un autre tristement célèbre magazine français que je rechigne à nommer. Il fallait par consequent, et tout naturellement, s’attendre à ce que son Serviteur (Cheikhoul Khadim) fût l’objet d’un traitement similaire! Même si ma lecture singulière de cette affaire, quand bien même elle pourrait être percue comme cynique par certains, est pertinente. En effet, cet acte posé par ce magazine, quoique désobligeant, participe de la confirmation du statut de Serviteur du Prophète acquis par Cheikh Ahmadou Bamba! Celui-ci fut tellement fier de ce titre honorifique qu’il déclara: «Quiconque me refuse (mon statut de) Serviteur du Prophète, (je ne m’en offusque point), moi je le servirai donc eu égard au fait qu’il soit l’Elu (de Dieu) ». Je suis sûr que Cheikh Ahmadou Bamba ne se serait pas offusqué de cette illustration et de ce commentaire au regard des caricatures du Prophète dont il se mit au
service avec sacerdoce durant toute sa vie. Par contre, il est indubitable qu’il aurait été offensé par les caricatures faites sur le Prophète (PSL).
Cheikh Ahmadou Bamba n’aura pas été Khadim Rassoul i.e Serviteur du Prophète pour rien. Autrement dit, tout ce qu’on a fait au ou dit du Prophète (Rassoul) sera tôt ou tard réservé à Cheikh Ahmadou Bamba (Khadim Rassoul). Tout dans sa vie renvoie au ou rappelle le Prophète qu’il a imité tous azimuts, au point de faire un jour acheter un chameau, d’y monter, de faire quelques pas, puis de le mettre à terre pendant un moment avant d’en descendre et de dire: « c’est tout ce qu’il me restait à faire parmi tous les actes accomplis par le Prophète». Celui-là est le veritable Sunnite! L’amour de Cheikh Ahmadou Bamba pour le Prophète (PSL) est un secret de polichinelle et peut être illustré par un myriade d’exemples tirés de sa vie ou puisés dans ses nombreux écrits. Rien que les noms de sa progéniture auraient suffi comme exemple: Mouhammadou Moustapha, Mouhammadou Fādil (alias Serigne Fallou), Mouhammad al Amīn (alias Serigne Bara), Mouhammadou Bachīr (alias Serigne Bassirou), Mouhammadou al Mourtadā, pour ne citer que les plus célèbres “Mouhammad” parmi ses fils.. Dans un de ses vers, le Serviteur du Prophète écrit: « (Plût à Dieu) que je misse ma joue sous les pieds du Prophète (élu de Dieu) comme rempart pour qu’aucune épine ne l’eût piqué ». Dans un autre, il affirme : «mon amour pour notre maître le Prophète (choisi de Dieu) a effacé (de mon cœur) l’amour que j’aurais nourri pour ma famille, mes enfants et mes biens ». Pendant son exil, Cheikh Ahmadou Bamba endurait toutes les souffrances que les colonisateurs français lui infligèrent par amour pour le Prophète : «les panégyriques que je dédiai au Prophète me firent oublier tous les sévices que j’eus endurés à Matadi (port situé en Afrique centrale », écrit-il.
L’aura spirituel de Cheikh Ahmadou Bamba sera toujours grandissant et son ordre spirituel (le mouridisme) qui n’est rien d’autre que la revivification de la Sounna du Prophète ne cessera d’être célèbré partout dans le monde. Le guide des mourides avait prédit dans ses écrits: «Dieu m’assistera et les gens me suivront des mers et des terrres, et je leur serai utile sans préjudice». Il faut dire que cette prophétie qui s’est réalisée depuis fort longtemps et qui connait un succès toujours grandissant dans plusieurs coins du monde ne manquera pas de porter ombrage aux ennemis de l’Islam dont le mouridisme porte aujourd’hui l’étendard. De ce point de vue, il est l’ennemi à abattre par tous les moyens possibles et imaginables. Le seul moyen d’y faire face est, comme l’a récemment dit Serigne Mountaqa Mbacké lors de la rencontre des ouléma (érudits) mourides, le retour à la quête du savoir, aux enseignements de Cheikh Ahmadou Bamba, à l’intérêt pour toutes les connaissances utiles, gage d’une vie agréable ici-bas et agréée en vue de l’au-delà. Je termine cette humble contribution par citer votre serviteur (qui se veut serviteur du Serviteur) dans son article cité plus haut : « ‘le chien aboie et la caravane passe’ ! La caravane du mouridisme est inexorablement en marche et ne cesse d'ouvrir ses vannes au grand dam de ces esprits en panne».
Cheikh Amadou Bamba Seye, Professeur d’anglais et doctorant aux USA. Email : khadimulfadlu@hotmail.fr




