THIÈS : Serigne Bassirou Abdou Khadre en mission


Journée bien chargée que celle du porte-parole du Khalife Général des Mourides. Serigne Bassirou Mbacké a effectué, ce mardi, une série de visites auprès de dignitaires religieux dans la capitale du Rail. En effet, sur ndiguël de Serigne Sidi Mokhtar Mbacké, le Mbacké-Mbacké, à la tête d'une délégation composée essentiellement de chefs religieux comme Serigne Bassirou Mbacké Porokhane, Serigne Fallou Mbacké de Darou Moukhty et Serigne Amdy Bousso, s'est d'abord rendu à Darou Bayré, (cité religieuse fondée par Mame Cheikh Ibrahima Fall) où il a été accueilli par Serigne Amdy Khady Fall.
C'est après un entretien nourri avec le marabout Baay-Fall que Cheikh Bass s'est rendu à Médina Fall où l'attendait religieusement Serigne Cheikh Rockaya Fall. La délégation s'ébranlera ensuite, en direction de chez Serigne Saliou Touré, au quartier Randoulène Nord, plus précisément à " Angle Serigne Faalou. " L'objet de la mission n'a pas été rendue officielle...

Urgent : Cheikh Sidy Mokhtar Interdit Désormais La Politique À Touba Et Environs




Après la prière du vendredi ce 18 mars à Touba Mosquée, le Khalife général des mourides a annoncé personnellement l’interdiction de toutes activités politiques à Touba et environs.
Désormais j’interdis toutes activités politiques à Touba et environs a exprimé Serigne Sidy Mokhtar à haute voix sur la sonorisation de la mosquée. Un ordre clair et limpide destiné à tout le monde.

VOTER POUR SERIGNE TOUBA [Par A. Aziz Mbacké Majalis]


La meilleure manière, pour nous les mourides, d'exprimer notre refus de la manipulation de nos valeurs religieuses, pour de sombres intérêts personnels, politiques et financiers, n'ayant rien à voir avec le patrimoine et les enseignements de Serigne Touba, est très simple.
Il ne s'agira pas, comme beaucoup d'entre nous le font actuellement, de s'affliger outre mesure sur les tentatives de faux « Ndigël voilés », à travers des éléments proches du Khalife, insidieusement relayés par une presse aux ordres. L'on connaît, en effet, la chanson. Il ne s'agit encore moins de s'épancher paresseusement sur certaines accointances politico-religieuses douteuses bien connue. Ou sur la puissance de récupération du pouvoir actuel (n'ayant apparemment rien à envier sur ce plan, malgré sa réthorique sur la République, aux précédents) sur les « mare-à-boue » corruptibles. Ces brebis galeuses, évoluant au cœur du système mouride et à propos desquels nous avertissions déjà nos condisciples, il y a juste quelque jours, en pressentant le coup, qu'ils « seraient prêts à vendre la mosquée de Touba, Daaray Kaamil et Aynou Rahmati aux enchères pour leurs propres intérêts. » En aidant notamment le régime à noyauter et à délégitimer la récente et exceptionnelle dynamique de rejet de la nouvelle constitution exprimée par l'ensemble des « forces vives » du Mouridisme.
S'en affliger passivement, dans les commentaires Facebook, les discussions de salon et les dahiras, ne servirait pas à grand chose. Pour faire activement face à ces récurrentes opérations de dévoiement de nos symboles, il nous suffira simplement, dans le contexte actuel, d'exprimer notre cinglant désaveu dans les urnes dimanche prochain. En sanctionnant durement les manipulations politiciennes de nos symboles par un NON massif. Car, il faut le savoir, leurs auteurs ne reculeront devant rien, absolument rien, et ne peuvent comprendre que le langage des rapports de force politiques et les incidences électorales négatives de leurs actes dans l'exercice et la conservation de leur pouvoir. Rien d'autre.
Pour barrer la route à ce genre de manipulations, nous aurons également plus que jamais besoin, dans l'avenir, et nous le proclamons depuis des années, de mieux réorganiser certaines méthodes de fonctionnement de nos centres de décision confrériques. Pour mieux aider nos leaders intègres, mais pas toujours suffisamment informés, à disposer en temps réel de la meilleure information sur les questions d'actualités (par l'implication d'une expertise interne éclairée, la mise en place de « majlisul shûra » inclusifs etc.). Nous devrons également développer d'avantage ce que j'appelle la « nouvelle conscience mouride » chez de plus en plus de nos condisciples. Pour les former, les sensibiliser à ces phénomènes et les aider à ne plus tomber dans les pièges des politiques, qui n'hésiteront jamais, pour leurs propres intérêts, à piétiner cyniquement et à dévaloriser nos symboles les plus sacrés.
Il nous faudra donc faire face.
De la même manière que nous avions déjà désavoué, dans le passé, d'autres personnages ayant prétendu usurper l'importante prérogative du Ndigël pour leurs intérêts crypto personnels. En 2012, par exemple, lorsqu'il fallut mettre à terre et sanctionner durement ceux qui prétendirent réélire l'ancien président, à travers les « Ndigël de la discorde » donnés au nom du Saint Serigne Saliou (l'on connaît la suite). En 2000 également, lorsque nous avions humilié d'autres dignitaires affirmant avoir reçu (par rêve) des révélations oniriques (sonnantes et trébuchantes ?) de Serigne Touba pour réélire le président Diouf. Et bien d'autres Tartuffes voulant se sucrer sur le dos du Mouridisme et de la crédulité de certains talibés.
Comment ainsi comprendre qu'aujourd'hui des dignitaires officiels du Mouridisme tiennent le même discours mielleux et lénifiant à l'actuel président (sur ses prétendues réalisations à Touba, qui lui auraient soi-disant assuré « l'Agrément de Serigne Touba » et, sous-entendu, de la prochaine victoire du Oui) que celui qu'ils avaient exactement tenu dans le passé pour assurer l'ancien président Wade que son appartenance au Mouridisme et ses réalisations « inégalées » lui garantiraient les mêmes succès (alors qu'il fut renversé, sans la « bénédiction » supposée de ses anciens souteneurs religieux ayant pourtant largement bénéficié de ses largesses) ? Ou est, dans tout cela, le sens de la fidélité et toutes ces valeurs de dignité incarnées par Cheikh A. Bamba ? Serions-nous finalement, nous les dignitaires religieux, de simples girouettes politiques nous orientant toujours dans le sens du vent de nos intérêts individuels et partisans ?
En listant, auprès du Khalife, les réalisations et projets du président Macky, n'auraient-ils pas du également intégrer dans ce bilan son premier wax-waxeet consistant à son refus de respecter son engagement, pourtant solennel, d'accorder un statut spécial à la ville sainte de Touba dans le cadre de la décentralisation ? Et son entêtement à conserver un garde des sceaux notoirement connu pour être favorable à la cause homosexuelle, les libérations récurrentes de prévenus gays par son appareil judiciaire et la répression sauvage des militants anti-gays de Colobane (malgré sa supposée résistance sur cette question), feraient-ils partie de ce bilan dont Serigne Touba serait censé se « réjouir » ? Son honteux et récent reniement à tenir son engagement de réduire son mandat, fut-il sous de grossiers artifices juridiques, est-il éthiquement moins important que la construction d'égouts ou de routes à Touba ? Les routes de goudron et de latérite seraient-elles finalement plus importantes pour ces religieux que les autoroutes de la morale et de l'honneur menant à la Félicité (Ilâ Touba) léguées par le Cheikh ? Ces dignitaires mourides ne devraient-ils pas plutôt s'interroger sur les véritables causes de l'INTENTION avortée du président de rendre intangible une forme de laïcité qui empêche encore que Cheikh A. Bamba, dont ils prétendent pourtant protéger l'héritage, soit enseigné dans nos écoles et qui, réinterprétée dans l'avenir, à travers des « nouveaux droits » flous, pourrait éventuellement ouvrir la voie à toutes les dérives morales que des bailleurs du PSE souhaiteraient subrepticement inoculer dans notre fabrique sociétale et culturelle ? Un Ndigël, même « voilé », ne devrait-il point intégrer toutes ces valeurs pour lesquelles Serigne Touba s'est battu pendant plus de 33 ans de sa vie, des valeurs qui leur ont accordé le respect dont jouissent leurs auteurs et sans lesquelles la fonction religieuse sera vidée de toute substance.
Pour en venir véritablement au problème de fond de ce référendum pour lequel un Ndigël est si activement sollicité, il conviendrait, surtout pour les acteurs religieux, de réaliser son inanité, au vu des considérations suivantes. Car, contrairement à l'idée que les partisans du régime entendent habilement imposer sur les prétendues « avancées de la nouvelle Constitution », le problème du Sénégal n'est pas fondamentalement un problème de textes. Il ne l'a jamais été. Notre problème n'a jamais été un problème de THÉORIE politique. Le problème le plus grave de notre pays a toujours été un problème de PRATIQUE politique. Il a toujours été celui du comportement ÉTHIQUE de notre classe politique.
Dans ce pays, l'on peut voter les textes les plus extraordinaires et les plus avant-gardistes qui soient. On peut imaginer les dispositions réglementaires, juridiques, économiques, tout ce que l'on veut, les plus révolutionnaires du monde. Mais l'histoire et les récentes expériences ont invariablement montré que les hommes politiques ont toujours su, à chaque fois que leurs intérêts étaient en jeu, contourner ces règles qu'ils avaient eux-mêmes édictées. Ceci, soit à travers les subterfuges ou interprétations juridiques les plus farfelues ou tirées par les cheveux, qui insultent l'intelligence du peuple. Soit par des attitudes déloyales et des forcings évidents contre lesquels les citoyens révoltés n'ont aucun véritable recours. L'appareil d'Etat et ses contrepouvoirs démocratiques (système judiciaire, presse, partis politiques etc.) étant souvent inféodés ou ne jouant pas réellement leur rôle citoyen.
À quoi ont vraiment servi, pour prendre juste quelques exemples, à la nation et aux femmes sénégalaises la loi sur la parité, votée depuis plusieurs années, qui leur fut tant chantée et présentée comme la SOLUTION à tous leurs problèmes ? À part une insignifiante « gynégarchie » de politiciennes et d'activistes féministes, ayant su personnellement profiter de cette disposition législative, quel apport celle-ci a-t-elle générée pour la cultivatrice du Fouladou, les mères qui accouchent encore sur des charrettes au fin fond du Boundou, à la brave vendeuse de poisson ou gerté thiaaf à Kayar ? N'a-t-on pas récemment voté d'autres lois sur l'interdiction du tabac dans les lieux publics ou de la mendicité des enfants ? À quoi ont servi les révolutionnaires dispositions sur la reddition des comptes, à la base de la CREI, lorsqu'il s'est agi, pour l'actuel président, d'incorporer dans son camp politique des personnalités pourtant officiellement ciblées par cette juridiction ? La Constitution du Sénégal, les textes de la CREI, l'ont-ils empêché de sortir, par on ne sait encore quel artifice magique, Ousmane Ngom ou une Awa Ndiaye des griffes de la loi ?
C'est cela le plus grave dans notre pays. La PRATIQUE politique et les INTÉRÊTS partisans prennent absolument le pas sur tout le reste : la souffrance des masses populaires, les valeurs morales, l'intérêt supérieur de la nation, l'usage vertueux de nos maigres deniers publics, l'avenir de nos enfants. Tout. Absolument tout. La nation, la religion, et je ne sais quoi encore. Et c'est cette mauvaise pratique politique qu'est en train d'entériner, malheureusement, les actes et dérives du président de la République : reniements de la parole donnée, encouragement pour la transhumance, manipulations judiciaires etc. À quoi bon nous servira la greffe de 15 nouveaux bouts de textes au corps constitutionnel, si les médecins appelés à prendre soin de ce corps font délibérément fi des « bonnes pratiques » ? Tant que le peuple sénégalais ne réussira pas à se sortir de cette situation qui n'arrange en réalité qu'une infime classe de politiciens et de thuriféraires, au détriment des masses laborieuses, l'on peut voter toutes les constitutions du monde que l'on veut. Ca ne nous avancera pas à grand chose. Et notre pays risquera, encore pour longtemps, de figurer dans le peloton de queue des nations les moins avancées.
Pour moi donc, les choses sont extrêmement claires. La conformité au Ndigël, hérité du « Amr » coranique (ordre émanant de l'autorité), est l'une des valeurs cardinales les plus importantes du Mouridisme. Une valeur à perpétuer et à préserver absolument, car gage d'unité, de force et de progrès organisé. A la seule condition toutefois d'être exercé dans les conditions et limites clairement définies par le Seigneur et rappelées par Serigne Touba. Notamment sur les qualités de son auteur, la pureté de son intention, la nécessité de consultation (shûra) préalable avec toutes les parties concernées etc. Conditions en dehors desquelles, cette valeur, comme toutes les valeurs, peut être dévoyée, utilisée contre son propre système d'origine et finalement desservir celui-ci. Notre force pouvant alors devenir notre faiblesse.
Dans le cas d'espèce, si c'était le Khalife des mourides en personne, Cheikh Sidy Moukhtar (puisse le Seigneur lui accorder une longue vie pour le bien de l'Islam), qui avait lui-même pris l'initiative de se prononcer sans ambages sur la question du référendum, je serais certainement l'un des premiers à me conformer à sa directive. Ceci, quelle que soient mes idées ou penchants personnels. C'aurait été également d'autres dignes représentants de Cheikhoul Khadim, connus pour leur piété, leur clairvoyance et leur intégrité sans faille, mais pas pour leurs accointances douteuses, qui se seraient prononcé sur des questions qui engagent la préservation du précieux patrimoine que nous avons en partage, nous en aurions vivement tenu compte dans nos démarches et positionnements. Car, pour nous mourides, le sens de notre engagement et le pacte d'allégeance que nous avons librement contracté avec Serigne Touba sont supérieurs à toute considération, politique, intellectuelle ou autre. A l'instar du fameux et important principe inculqué à toute nouvelle recrue de l'armée : « Les Ordres (Ndigël) se doivent d'être exécutés sans murmure ni hésitation », notre devise restera pour toujours « Mouride : Ndigël ! ». Et les prétendues « libertés » de la mondialisation et ses antivaleurs, qui remettent en cause tout sens de l'autorité spirituelle, ne sauraient nous égarer ou nous dévier de cette voie qui a jusqu'ici assuré notre unité et notre force. Mais cette valeur, aussi centrale et aussi importante soit-elle, ne saurait être préservée sans un minimum de clairvoyance sur certains processus de récupération actuels et sans le courage de dénoncer ces derniers. Quelqu'en soit le prix. Cela étant la moindre des choses que nous devons à Boroom Touba.
Nous, les disciples de Serigne Touba, ne seront donc jamais les otages d'un quelconque lobby. Nous ne serons jamais non plus des moutons spirituels ou de la chair à canon politique. Notre engagement n'a qu'une seule et unique finalité : SERIGNE TOUBA. Lui que nous considérons comme notre Voie de salut et la Porte royale pour accéder à Dieu et à Son Prophète. Cet engagement, que nous voulons sans faille, valorisera et élèvera tout ce et tous ceux qui valoriseront et élèveront à leur tour cet idéal et nous aideront à l'atteindre. Mais qui saura, à chaque fois, se départir de ce et de tous ceux qui tenteront d'en user pour autre chose en dehors de Dieu et de Son Prophète. Serigne Touba est le Pôle Nord vers lequel la boussole de tout mouride s'oriente au milieu de l'obscurité du Temps et de la tempête du monde.
Cette position, que nous partageons avec de plus en plus de mourides contemporains, jeunes et vieux, instruits et moins instruits, constituera, dans l'avenir, le principal contre-pouvoir et le garde-fou le plus efficace contre ceux qui n'hésiteront jamais à dénaturer notre patrimoine commun. Une posture que nous avons tentée d'expliciter dans notre essai KHIDMA, en ces termes que l'actualité passée et récente semblent de plus en plus confirmer :
« Ce que beaucoup d'auteurs semblent ignorer, et qui a jusqu’ici faussé leurs régulières prédictions sur « la désintégration de la confrérie mouride » (Paul Marty), c’est que la constante de base du Mouridisme n’est point la relation marabout-talibé classique sur laquelle s’est arc-boutée une grande partie de leur recherche. Mais elle s’articule plus, à notre avis (et sans renier son importance), sur la valeur intrinsèque de Cheikh A. Bamba lui-même, sur son extraordinaire charisme et sur la valeur spirituelle et sociale de ses enseignements et de son œuvre. Car, bien que les rapports marabout-disciple aient souvent évolué dans le temps et l’espace, et dussent-ils même se métamorphoser radicalement dans le futur, le Mouridisme, en tant que projet de renaissance de l’Islam, pourrait vraisemblablement revêtir, selon nous, d’autres formes sociales convenant mieux à son objet et à ce contexte. En fait ces auteurs n’ont jusqu’ici pas compris que, dans le Mouridisme et pour les mourides, Serigne Touba est au fond LA SEULE VERITABLE CONSTANTE de leur projet de société pour l’Islam. Et que tout le reste n’est, en définitive, qu’un ensemble de variables assujetties à cette constante unique. Car tout jëwriñ (représentant) ou Objet de Khidma intermédiaire peut bien être remplacé un jour par d’autres jëwriñ, sans que la base du système soit fondamentalement remise en cause… » (« KHIDMA : La Vision Politique de Cheikh A. Bamba (Essai sur les Relations entre les Mourides et le Pouvoir Politique au Sénégal) », Editions Majalis, 2010, p. 352)
Tout ceci pour simplement dire que ce sera à nous les mourides, dignitaires intègres et disciples clairvoyants, de résoudre nous-mêmes ce problème des manipulations et des récupérations internes. Nul autre ne le fera à notre place. Et nous en sommes bien capables. Car ceux qui nous « vendent » actuellement au mieux-disant politique, ne sont ni plus représentatifs, ni plus intelligents, ni plus déterminés que nous. Même s'ils pourront utiliser certaines « armes non conventionnelles » que nos principes nous interdisent d'utiliser. Il faudra désormais être prêt à leur faire face, à ne plus leur laisser si facilement le terrain et à prendre les risques et sacrifices que cette défense de notre patrimoine requiert. Quoi qu'il en coûte.
Et pour réaffirmer notre détermination absolue à ne plus laisser les politiciens, sans foi(e) ni loi, croire qu'ils peuvent acheter des faux Ndigël contre quelques centaines de millions remis à leurs chevaux de Troie, nous aurons bientôt une occasion idéale de le faire. En les envoyant tous ensemble sur les cordes politico-religieuses, lors du référendum de dimanche prochain, et en les assommant avec un NON retentissant qui résonnera encore bien longtemps dans leurs oreilles pétrifiées d'effroi.
Si jamais nous manquons de le faire, alors qu'aucun mouride ne se plaigne dans l'avenir sur d'autres atteintes à nos valeurs que les politiciens et leurs complices enturbannés, enhardis par cette victoire, ne se gêneront pas de commettre encore et encore contre l'héritage de Serigne Touba.
« Mbédioum kanamou Yoonou mouride, mourides yi nioo ko wara fadial seen bopp. »
Tout autre discours n'est que diversion et pure démagogie.

Pourquoi je voterai NON? [Par S. Cheikhouna MBACKE Abdoul Wadoud ]

REFERENDUM DU 20 MARS 2016
Pourquoi je voterai NON?

Les citoyens sénégalais qui voteront NON au référendum du 20 mars prochain sont de différentes catégories.
Parmi eux, il y a ceux qui sont des opposants radicaux au régime en place et qui font tout pour son échec. Il y a aussi d'autres qui sont mécontents du régime ou du Président de la République et qui veulent manifester leur sentiment à travers un vote NON. Il y a, peut-être, certains qui sont manipulés à travers de fausses informations. Quant à moi, je voterai et j'appelle à voter NON mais je fais partie d'aucune de ces catégories?
Pourquoi donc voterai-je NON?
Je voterai et j'appelle à voter NON pour un principe très simple, un principe que je considère comme pierre angulaire de la démocratie. Ce principe est défendu d'ailleurs par des entités auxquelles j'appartiens (Rawdu-r rayâhîn et ce que certains médias ont appelé le collectif des 5), même si ces entités n'ont donné aucune consigne de vote.
Ce principe est le droit de toute génération à légiférer pour elle-même et notre devoir de ne pas confisquer ce droit. Cela me paraît l'essence même de la démocratie. D'autre part, l'être humain, faillible qu'il est, ne doit pas avoir la prétention de connaître ce qui sera mieux pour l'éternité pour lui et pour les autres.
Certes, nous qui sommes présents aujourd'hui avons le droit de dire que la république, l'élection du Président de la République au suffrage universel direct à deux tours, la limitation du mandat du P.R. à 5 ans renouvelables une seule fois - nous avons le droit de dire que tout cela est mieux pour nous. Mais quel droit nous arrogeons-nous pour décider à la place des générations futures?
Certains pourraient dire qu'être en désaccord avec une seule disposition du projet de révision peut ne pas pousser à voter NON et s’interroger sur le sort des autres dispositions.
Si le NON l'emporte, nous pourrons toujours réintégrer les autres dispositions par voie parlementaire et/ou référendaire. Mais si le OUI l'emporte, cette disposition ne sera jamais modifiée légalement, ni par voie parlementaire ni par voie référendaire. Seule la loi de la force (révolution ou coup d'état, qu’à Dieu ne plaise!) pourrait la modifier.
Que préférons-nous donc ?
Touba, Darou Salam-NDame, le 12 mars 2016.
Cheikhouna MBACKE Abdoul Wadoud
cheikhouna@yahoo.fr

TOUBAB-TOUBABLOU [Par A. Aziz Mbacké Majalis]


Sommes-nous obligés de rouler les "r" et de mâcher les "m" en parlant français ?
Cette question, du reste triviale, m'est venue à l'esprit en tombant par hasard ce matin sur une de ces (nombreuses) émissions matinales d'une télévision nationale de la place. L'accent délibérément "parisien" et forcé des présentatrices, des chroniqueur(se)s et invité(e)s, le manque évident de naturel dans leur élocution et prononciation, m'ont paru assez ironiques pour ne pas dire plus.
Des remarques similaires pouvant d'ailleurs être faites dans bien d'autres médias et programmes. Notamment un JT d'une autre télévision miroir où l'on éprouverait, me disé-je un jour, un certain mal à deviner, en entendant uniquement la voix du présentateur, que c'est bien un sénégalais « bon teint » qui mâchait si goulûment ses « ch » et sirotait si langoureusement ses « s ». Tellement, dans cette nouvelle langue si particulière des nouveau types de sénégalais, les « en » deviennent des « aan » (bien = biaan, bienvenue = biaanvenue), les « e » des « euuuu » (Nous sommes = Nous sommeuuuuu), les « r » littéralement avalés (le président de la République = le p'esidaant de laa 'epublique), nos propres patronymes déformés ou mal prononcés pour mieux ressembler aux célèbres reporters de Canal (Ñang = Niaaang), en plus d'autres heureuses trouvailles de la fertile imagination daka'oise.
Qu'est-ce qui peut expliquer ce genre de comportements ? Le complexe culturel de la langue des « élites » ? Un certain désir de sophistication et de raffinement (surtout chez les jeunes femmes « émancipées ») ? L'ambition (psychologique) de s'élever vers les classes aisées, réputées plus instruites, plus « branchées », maîtrisant mieux la langue du « maître » ? De paraître « intellectuel » ? De se conformer à la mode ? Un marqueur social ?
Ce « français-françaislou » ridicule de nombre de nos concitoyens devient même plus frappant lorsqu'ils prétendent utiliser leur langue maternelle. Surtout à la suite de notre fameuse formule transitoire nationale bien connue des politiques « Su ngeen ma mayee, ma wax ko ci wolof ». En guise de wolof, justement, la plupart d'entre nous n'utiliseront même pas 10% de termes appartenant à cette langue. En dehors des expressions, articles et mots de liaison, des termes pourtant bien connus en wolof et disponibles sont retraduits.
« Le Chef du Gouvernement dafa appeler au civisme de tous les citoyens. C'est pourquoi suñu coordination politique répondre à cet appel solennel du chef de l'Etat. Ñu placer manifestation bi sous le haut patronage de son Excellence, Monsieur le Premier ministre, ak celui de la première dame... » Un massacre, que dis-je, un véritable génocide linguistique ! Un crime contre nos humanités, me disé-je. Aussi.
Chez les jeunes dakaroises moom, c'est bien pire. C'est comme si l'usage de termes français ou naturalisés, dans leur pidgin quotidien, était désormais devenu un « must » pour paraître « in ». En matière de mode, de recettes de cuisine, de beauté, la règle veut apparemment que l'on se sophistiquasse le plus possible. Loo sophistiquer rekk doyoul.
« Recettou cuisine bi mooy nga faire bouillir un litre d'eau, ajouter si une pincée de sel ak quelques cuillerées d'huile d'olive. Nga laisser ko mou mijoter à petit feu pendant quelques minutes. Man ngaa desseeroo jus de mangue bou niou parfumer à l'essence de banane (...) Ngir sa teint raffiné, man ngaa utiliser gaamou huiles naturelles bii. Dee ko mélanger ak un peu d'huile de karité, pour enlever say boutons (...) Taille-basse bi da niou koo garnir avec du satin mauve brodé bou lisse ak bazin bou rouge magenta, pour mou am apparence bou classe et chic...» Tout cela avec, en supplément, siouplait, l'accent francilien ci-dessus décrit, garni de ses fameux « aaan », « euuu » et « cheu ». Cheuteuteut.
Je sais bien. Il ne faut pas injustement et maladroitement mettre tous nos compatriotes "accentués" dans le même panier des "accentueurs". Car il en existe, naturellement, qui le font naturellement. Soit, parce qu'étant nés et ayant grandi dans un tel environnement linguistique. De plus en plus de jeunes parents sénégalais préférant en effet parler français avec leurs progénitures (pour des raisons scolaires ou autres) au détriment de leur langue maternelle. Soit, parce qu'ayant étudié et acquis l'essentiel de leurs connaissances dans cette langue. Ce qui fait de celle-ci la langue avec laquelle ils se sentent le plus à l'aise dans leurs réflexions et idées.
Je sais bien, aussi, que la globalisation des idées et des destins de la modernité, l'intensification des échanges culturels, dans ce « rendez-vous du donner et du recevoir », font qu'il soit presqu'illusoire de s'opposer aux processus de « métissages » et d'influence en cours. La seule question méritant d'être posée étant, cependant, le caractère souvent unilatéral de ces influences, l'ampleur de celles-ci et l'évolution des civilisations dominées qui « reçoivent » actuellement beaucoup plus qu'elles ne « donnent ». Seront-elles condamnées à se fondre totalement dans le moule des autres ? Sans aucune possibilité d'originalité ou d'identité propre ?
Je sais aussi que, autant l'habit ne fait-il pas le marabout, autant la seule langue ne fait forcément pas de nous des « toubabs ». Contrairement à certains préjugés faciles. Il existe, en effet, de plus en plus de sénégalais instruits et usant abondamment et parfaitement de cette langue, mais dont le cœur et l'âme sont loin d'être assimilés. Au contraire, les « intellectuels » les plus profonds et les plus clairvoyants sont aujourd'hui ceux qui réclament le plus hardiment leur propre identité et le retour harmonieux à leurs fondamentaux. Peut-être était-ce pour cela que le Prophète (PSL) recommandait aux croyants de maîtriser les mots des autres peuples pour se prémunir contre leurs maux. Tellement la langue et la culture peuvent s'entremêler. Aleyhi salatou wa salam.
Il m'a ainsi toujours paru étrange que des sénégalais, musulmans et censés être croyants, s'exprimassent, sans apparemment en réaliser la portée, avec des formules issues de l'histoire anticléricale de France, qui contredisent ou raillent même leur foi de « charbonnier ». Comment un musulman, censé croire aux attributs divin et au credo de l'Islam, peut-il recommander « Il ne faut pas s'attendre à un miracle » (ha bon ? Et la Toute-puissance divine dans tout ça ? Et les invocations à Dieu, ça sert à quoi ? ), « ils ne savent plus à quel saint se vouer » (Et Serigne Touba ?), « j'ai mis de l'eau dans mon vin » (sangara moom, avec ou sans eau, daganoul ; c'est un fait), « ses intentions n'étaient pas très catholiques » (ben, elles peuvent être musulmanes non ?), « il ne faut pas prendre les promesses du Président pour parole d'Evangile » (gaa !), « il a avait juré tous ses dieux qu'il respecterait ses engagements » (moo takhit, un Seul Dieu aurait suffit amplement dans le Tawhid), « vous allez passer une soirée d'enfer avec nous » (ngontoug safara deh moom, na niou ci Yalla mousseul).
Quoi alors de plus étonnant que, à chaque fois que nos politiques ou intellos veulent asséner, au cours d'un débat passionné, un argument massue, auquel l'on ne serait autorisé à répliquer que par un « sadakha Lahoul Azim » penaud, ils usent de la fameuse formule fétiche, censée être plus solide même, scientifiquement parlant, que les théorèmes de Pythagore et d'Euclide réunis : « Même en France...» Parlez-leur de l'inanité de l'avis décisionnel du Conseil Constitutionnel, ils invoqueront un important précédent de son homologue français. « Même en France, lorsqu'il fallut, en 68, au Général De Gaulle convoquer un référendum...» Contestez devant eux l'opportunité de la non introduction des œuvres des grandes figures historiques du Sénégal à l'école, ils vous citeront des passages entiers de Rousseau ou de Jules Ferry sur leur conception de l'éducation des jeunes et de l'école « républicaine et laïque ». Tout en étant souvent incapables de traduire ces concepts dans leur propre langue locale. « Même en France, l'on ne verrait jamais un français de France, faire appel aux œuvres de nos ancêtres, à l'histoire du Sénégal ou à nos manières de faire ou de parler, pour légitimer quoi que ce soit chez eux...». Pardi, ils ne les connaissent même po. Xalaas !
Un fait qui ne manque toutefois pas de paraître paradoxal à l'observateur social attentif, parallèlement à cette invasion du franwolof et à ce complexe d'infériorité qui ne dit pas son nom, est la non maîtrise de plus en plus manifeste du français par ces locuteurs. La plupart de nos "prononciateurs" étant en réalité de vrais "nillards" émoticône smile Si si, c'est très sérieux. Et ceci, à tous les niveaux, toutes les classes et catégories professionnelles du pays. Des ministres de la République aux honorables députés, des journalistes aux artistes ou grands sportifs, des universitaires aux doctorants ou étudiants. L'hécatombe n'est pas moins sanglante que Thiaroye 44. Au point que 'on pourrait même entonner, avec les masses militantes, le fameux cantique de la mort politique de Voltaire au Sénégal : « Français dee naaaaa : soul nagn koooo ! Français dee naaaaa : soul nagn koooo ! ».
Lorsque l'on note avec effarement qu'un ministère entier de la République du Sénégal et l'ensemble de ses démembrements régaliens et experts réunis ne peuvent même pas déceler une faute sur la devise sacrée de cette même République, on peut douter de la mauvaise « foie » (mot féminin, donc se terminant avec « e ») de ceux qui veulent encore maintenir cette langue comme notre langue officielle. Lorsque même les hommes d'Etat les plus illustres et les plus prestigieux journalistes du pays de Senghor suggèrent désormais, dans leurs contributions, que « impertinent » est subitement devenu le contraire de « pertinent », que « or que » est grammaticalement licite, que « tort » s'écrit « tord », avec un unanimisme touchant, il devient plus qu'urgent de s'interroger sur la pertinence de ces torts à la langue de Molière et, partant, de notre allégeance séculaire à l'Académie française.
Décidément, notre cas est plus que critique. Dégou niou toubab, dégou niou arabe, dégou niou sakh souniou propre làkk. Mais bon, l'essentiel est toujours de se faire comprendre. Même sans foie ni loie ?
M'enfin...

Anniversaire de la pose de la 1ère pierre de la Grande Mosquée de TOUBA

Anniversaire de la pose de la première pierre de la Grande Mosquée de TOUBA sous l’égide de Serigne Mouhammadou Moustapha MBACKE 1er Khalife Général des Mourides le 4 mars 1932.
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LIVE - DIFFUSION EN DIRECT | ᴴᴰ ➠ Grand Rassemblement des Mourides !

Suivez le grand rassemblement qu’il organise aujourd’hui au penc Darou Khoudoss dans le mythique et symbolique centre-ville de Touba, pour se prononcer sur les tenants et les aboutissants du référendum du 20 mars 2016 et pour dégager clairement sa position par rapport à ça. !


Prière du vendredi 26 février 2016 à Mbacké Kadior en présence du Khalife Général des Mourides Cheikh Sidy Moukhtar MBACKE.

Prière du vendredi 26 février 2016 à Mbacké Kadior en présence du Khalife Général des Mourides Cheikh Sidy Moukhtar MBACKE.
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Prière du vendredi 26 février 2016 Mbacké Kadior



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