Quelques éclaircissements sur le mot Magal (Màggal.
Les
amis et contacts pas Africains, moins encore Sénégalais, voient ces
jours le mot "Màggal" (la bonne écriture en Wolof) ou Magal ( l'écriture
wolof déformée et simplifiée par le Français) circuler très souvent sur
facebook, et dans internet de manière générale, sites d'infos,
magazine, journaux... et à la télévision sénégalaise et autres
télévisions du monde. En fait, le mot est un mot et en même temps un
verbe, comme souvent dans la Langue Wolof. "Màggal" veut dire magnifier,
faire montre de respect vis-à-vis de.... Mais ici, "Màggal" veut dire
rendre grâce. Et le mot "Ag Màggal" veut dire un événement de
commémoration ou de souvenir de...et "Màggal gi", le "Magal" ou
l'événement de commémoration, de souvenir de... Et au Sénégal,
l'événement auquel on pense quand on dit "Màggal gi", ou le "Magal"
c'est la commémoration du départ en Exil de Cheikh Ahmad Bàmba. Qui est
Cheikh Ahmad Bàmba ?Quand l'exil et Pourquoi la commémoration ? Cheikh
Ahmad Bamba ou Khadimou Rassoul (Khâdimur-Rassûl çsa) ou le Serviteur du
Prophète Muhammad est un Musulman orthodoxe de religion, un Sénégalais
de culture et Africain de civilisation, mais universel dans sa doctrine,
sa pensée. C'était en l'an 1895, quand, pour défendre ses intérêts
économiques, administratifs, culturels et hégémoniques, l'administration
de l'AOF ( Afrique occidentale française) ayant vu en lui une menace,
et en d'autres chefs musulmans, les convoqua au bureau du Gouverneur
Général, à Saint-Louis. Il s'est levé pour répondre à cette convocation
un 18 ème jour du mois lunaire de çafar de la même année. Au menu de
cette convocation, il était d'ordre de renoncer à leurs activités
d'enseignement du Coran et tant d'autres activités cultuelles. Et le
Sheikh suscita plus d'attention de par les nombreuses relances avant
qu'il s présente et de par le nombre de personnes autour de lui , mais
aussi de par l'intérêt qu'il suscitait au sein de la population. Ainsi,
l'étau se resserre contre lui. Et, une fois arrivé dans ce bureau, il
eut un comportement sans précédent, qui fut de prier dedans, avant de
parler à qui que ce soit, et surtout, de signer qu'il ne reconnaissait
pas une autre divinité si ce n'est DIEU, qu'il n'avait pas un autre
guide, si ce n'est le Coran, ni un autre Prophète, si ce n'est le
Prophète Muhammad; "Je me suffis d'ALLAH comme Seigneur, de l'Islàm
comme Religion, du Coran comme Guide et de Muhammad çws comme Prophète,
et Messager et Guide aussi. Et DIEU est Témoin de ce que j'ai dit !"
écrit-il.Pour voir la différence de sa réponse des autres, ce qui lui a
valu, seul, la déportation, un des autres convoqués a signé: "Nahnu fî
tahti thilli liwâ'ika". "Ô Autorité de l'AOF, nous sommes sous l'ombre
de ta protection". Et nombres d'entre eux ne se sont même pas déplacés
sur Saint-Louis, mais ils ont signé à Dakar, bien avant (Source; exposé
de S. Hamzatu Jaxaté de S. Khayri Jaxaté ici à Aulnay le 17 Août 2014,
il dit détenir 77 signatures et réponses sur 84 ).Mais tout ceci avait
une cause cachée, qui motivait même le colonisateur à agir, sans le
savoir, une cause que le commun des mortels ignorait, c'était la volonté
que DIEU avait de l'élever à des ranges très élevés, de faire de lui
l'intercesseurs des siens et surtout, du Serviteur du Prophète à
l'éternité, après des épreuves mortelles et périlleuses. C'est ce qu'il
dit dans, ;" le motif de mon Exil est que DIEU a voulu m'élever en des
ranges très élevés, de faire de moi l'intercesseur des miens et
Serviteur du Prophète à éternité...". Dans d'autres écrits il dit que
c'est le Prophète qui a même demandé à DIEU que Sheikh Ahmad Bamba soit
son Serviteur. En fait, dans sa Résidence de Dârul-QUDÛSS à Tuubaa,
quand il reçu la Visite du Prophète çws, il signa avec lui un contrat
pour être membre de Ahl Badr, mieux que le Pôle de son temps. L'Armée du
Prophète qui a fait la Bataille de Badr, cette bataille haut combien
symbolique pour l'Islàm. Ce dernier et son Seigneur lui ont fait savoir
que ce n'était plus possible. Mais pour faire court, le marché est
conclu après quelques échanges et le prix à payer c'est de partir loin
des siens et de subir des épreuves qui ont comme noms le face à face à
un lion à Saint-Louis, à un boeuf dans la bateau qui le menait au Gabon,
à 13 tireurs d'élite qui voulaient l'éliminer physiquement, à un
isolement, à ne jamais se gratter ou faire demi tour, bref, à des
épreuves dont on ne peut énumérer et surtout à ne jamais regretter ou
manifester un regret ou une fatigue ou sentir une peine... Il dit à son
Confident, qu'il n'a jamais dit "aïe", durant tout cet Exil qui a duré
plus de 7 ans, et non face à ces épreuves mortelles et pénibles.Et de
retour au Sénégal, un jour, il donna l'autorisation de célébrer son
départ en Exil. Car, ayant rempli sa mission, DIEU lui a donné les
récompenses qui étaient dans les clauses du contrat et d'autres
récompenses. Et pour manifester sa Reconnaissance vis-à-vis de DIEU, il
appelle à une action de Grâce, c'est le Màggal. Et promet à toute
personne qui se joint à cette action de Grâce en immolant un animal
(islàmiquement licite), du poulet au chameau, elle bénéficiera, et de
manière incontestable, des bienfaits que DIEU lui a accordés au titre de
cet Exil.D'où l'engouement que suscite cet événement. S'y ajoute la
fierté des Sénégalais et d'autres d'avoir une personne de ses valeurs:
sa foi, sa dignité, son courage, sa détermination... Mais aussi leur
immense espoir en lui ici et à l'au delà et leur amour incommensurable à
sa personne. Car, il a appelé à la foi et au travail tout en étant
utile à soi-même, aux autres, à la société. Il a montré la patience, la
gentillesse, mais surtout l'esprit de pardon, un esprit sans même idée
de vengeance, moins encore un acte. Il dit dans quelques uns de ces
Qaçâ'ids ou pannégériques, qu'il a pardonné à tous ennemis et qu'il
n'est point habité par un esprit de vengeance ou de
rancune.

Aujourd'hui, le Màggal est un événement qui se fête dans les
cinq (5) Continents du Monde en même temps. C'est une de ses
particularités, comme le Jour de Arafat à la différence du Hàjj qui ne
se produit qu'à la Mecque. Touba se prépare à le fêter le 11 Décembre
2014, mais aussi, New York, Washington, Paris, Rome, Bergamo, Bruxelles,
Barcelone, Jiddah, New Delhi, Casablanca, Guinée, Afrique du Sud, Corée
du Nord, Gabon, Côte d'Ivoire, Angleterre, Turquie, Mautitanie,
Allemagne, Portugal, Canada, Brésil...
Yàlnanu fekke ta weessu ko, ta tall ko, ta jeufé ci Ndigeul gnu nangul gnu ci Barkeb Serign bi !
Sunu Mboku Taalube Ibraahima
Khalîlu Lâh Kandji
