Gestion et préservation de la diversité confrérique au Sénégal


Au Sénégal, la façon harmonieuse de gérer la diversité religieuse et confrérique découlant de la foi et de la grande culture des chefs et guides religieux, a abouti à la cohérence d’ensemble et quasi unique dans ce pays.
Les citoyens sénégalais qui affichent une coexistence parfaite les uns avec les autres ; et surtout les guides religieux de ce pays, n’affichent aucune autre volonté que celle de la nécessité de construire un avenir pour le peuple et pour le pays qui doit primer sur tout. Et cette nécessité répond à la volonté de Dieu.
Il y a dans cette vision des chefs religieux sénégalais, une invitation permanente au dépassement des lignes de clivages entre les groupements religieux. Ce qui exposerait la société à des risques d’amplification des antagonismes, des tensions et des ’’bras de fer’’ entre acteurs.
En effet, dans le contexte international actuel marqué par les crises religieuses et sectaires de tout genre, notre société a besoin, aujourd’hui plus qu’hier, de mécanismes de régulation qui facilitent l’échange et le dialogue et qui établissent l’interdépendance des acteurs.
C’est dans une telle dynamique que les rapports de force qui en appellent aux muscles, aux fractures, à la nuisance et à la destruction mutuelle peuvent être reconvertis en rapports d’intelligence et d’esprit pour sauvegarder ce que nous avons de commun et mutualiser ce que chacun possède comme spécificité.
C’est cette voie que recommandent les guides religieux sénégalais, ayant compris que la fraternité et la cordialité dans l’unité et la cohésion sont les seuls gages de la permanence de la nation.
Ces guides religieux sénégalais affirment une ferme volonté d’instaurer une tradition de fraternité qui enjambe les limites confrériques et sectaires. Ils considèrent les différents et multiples courants théologiques dans l’islam comme la manifestation d’une diversité voulue par Dieu et d’une richesse profitable au peuple. Par conséquent, ils  les perçoivent comme des facteurs de rapprochement et d’enrichissement et non comme des ghettos.
Au Sénégal, le fait pour les Khalifes des différents foyers  religieux de séjourner dans toutes les capitales confrériques ou religieuses du pays est, sans aucun doute, un indicateur de leur conception de l’universalité des valeurs islamiques et leur mépris du sectarisme.
En se rendant inlassablement dans les sanctuaires des autres confréries et courants religieux, ils reconnaissent les mérites et l’apport dans la religion et la société des autres entités qui ne sont pas dans leur propre confrérie.
Ce faisant, ces chefs religieux s’approprient eux-mêmes, en tant que fils du Sénégal, tout le patrimoine religieux et moral du pays et invitent explicitement les citoyens à faire de même, dans un esprit fraternel et patriotique.
C’est donc une leçon de vie significative qu’enseignent les leaders religieux sénégalais.  Puisque le Sénégal est un et indivisible, l’identitarisme sectaire représente un grave danger pour l’unité du peuple et l’indivision de la nation. Or, en tant que fils de ce pays, pétris de l’amour divin, c’est à chacun de nous d’ensemencer les graines de l’affection et d’enflammer nos cœurs de la passion de l’autre.
En procédant de la sorte, on empêche que certains acteurs, par maladresse ou par intérêt du moment, manipulent le religieux dans un but sectaire, pour favoriser la confrontation entre les dogmes et rompre le dialogue des intelligences. Ce qui serait un obstacle majeur à la « gouvernabilité » dans notre pays. Qu’Allah nous en préserve !

Sérigne Abdou Mbacke
Expert en Droit islamique
Licencié en literature anglaise
Chercheur en Philosophie
Directeur Général de Safar Consulting
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