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Serigne Touba Cheikh Ahmadou Bamba ne s’est pas rendu effectivement à la Mecque de son vivant. Mais il en a éprouvé le désir et en a parlé au moins à deux personnes entre 1894 et 1895 : -A son cousin Muhammad Bousso :
 «Troublé par un motif objectif consistant dans la confusion déjà signalée et un motif subjectif qui était son désir ardent d’accomplir le pèlerinage à la Mecque, Ahmadou Bamba m’a convoqué et m’a fait part de ses préoccupations. Il m’a consulté à propos de la fondation d’une résidence où il pourrait maintenir la séparation établie, entre d’une part les deux principaux groupes de ses disciples : les étudiants et les travailleurs et, d’autre part, entre ceux parmi le premier groupe qui apprenaient le Coran et ceux qui apprenaient les sciences pour permettre à chaque groupe de se consacrer à son activité propre.»
 -Un Maure du nom de Muhammad Ibn Hamad :
 Pourquoi n’y est-il donc pas allé, deviendrait la question que tout le monde se pose ?
 Premièrement, parce que les laissez-passer pour la Mecque étaient délivrés à l’époque par les autorités coloniales.
 Deuxième argument, Serigne Touba n’en avait pas les moyens financiers. Cela, posera problème à d’aucuns, vu le nombre de disciples qu’il avait à l’époque et qui pouvaient lui garantir toute sorte de richesses. Faisons une toute petite digression.
 L’administration coloniale avait octroyé au Cheikh une rétribution de prisonnier. Le payeur central le trouvait à chaque fois dans la petite mosquée à quatre pierres à Libreville qu’il avait établie, pour lui donner sa rétribution de prisonnier qui était de 50 F Cfa. Serigne Touba n’a jamais voulu que le payeur arrive jusqu’à sa tente où il gardait ses livres et faisait ses prières. Il allait à sa rencontre à chaque fois que celui-ci venait. Le commandant pensait que Serigne Touba était pressé de recevoir cet argent. Ce qui n’est pas fondé d’autant plus qu’il n’a jamais utilisé cet argent. Il l’enfouissait. Et, c’est cet endroit qui est devenu le siège du ministère des Finances du Gabon.
 Donc le Cheikh n’a jamais eu, à aucun moment de sa vie l’intention de s’enrichir.
 Revenons à notre thèse sur son pèlerinage à la Mecque. Ce problème fut sur le point d’être résolu par le Maure qu’on avait cité ci-dessus. Effectivement, le Maure lui demanda d’aller se préparer pour qu’ils y aillent finalement en fin d’année 1895. Et nous le savons nous tous, c’est avant même cette fin d’année que commencèrent ses démêlées avec l’administration coloniale : Cheikh Ahmadou Bamba est arrêté à Djewalle 10 août 1895 et la décision fut prise le 5 Septembre 1895, au Conseil privé de Saint Louis, de l’exiler au Gabon, dans une sylve équatoriale, alors hostile où sévissaient les maladies tropicales les plus dangereuses, comme la maladie du sommeil, etc.
 Serigne Touba fut finalement exilé.
 Nous voyons donc que Serigne Touba voulait accomplir ce pilier de l’Islam et qu’il était même sur le point de le faire, quand Dieu en décida autrement. D’ailleurs, il écrivit dans un poème Rahiyyah que le seul regret de sa vie est de n’avoir pas eu la chance de se rendre physiquement auprès du Prophète Muhammad Psl (donc il en avait l’intention). Concernant l’idée selon laquelle aussi Serigne Touba aurait dispensé tous ses disciples de cet acte, nous pouvons dire que c’est une mauvaise interprétation et une mauvaise idée reçue. Ce n’est pas non plus un acte de mauvaise foi.
 Ahmadou Bamba écrit dans sa Quête du bonheur (Matlabul Al-Fawzeyni) : «Fais de ma demeure, un lieu qui accorde le bénéfice charismatique du pèlerinage à celui qui a le vœu de l’accomplir mais est indigent et incapable d’aller à la Mecque.»
 Ces vers témoignent de la compassion d’un homme, qui prie Dieu de ne pas priver les croyants d’une récompense aussi immense qu’est le pèlerinage aux lieux saints de l’Islam à cause de leur incapacité financière.
 Toute autre interprétation ne saurait être valide et convaincante.
 Le Saint Homme d’ailleurs ne pouvant pas aller en pèlerinage, des disciples dont son fils Muhammad Al-Fadel, iront à la Mecque en sa mémoire, une année après son rappel à Dieu. Donc le pèlerinage est obligatoire pour tout musulman qui en a les moyens. Les conditions de vie précaire ne favorisant pas à tout un chacun de le faire, Touba demeure «le bénéfice charismatique du pèlerinage» comme l’a dit Serigne Touba dans son livre Matlabul Al-Fawzeyni. Celui qui en a les moyens et qui n’y va pas, n’a qu’à assumer ses responsabilités devant Dieu et devant les hommes et ne pas prendre les écrits du Cheikh comme pièce justificative.
 Abdou Khadre MBACKE
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